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Technologie et science

Le lancement d’Artemis II a perturbé l’ionosphère et le signal GPS

La fusée Space Launch System de la NASA a provoqué des perturbations sans précédent dans l'ionosphère lors du lancement d'Artemis II le 1er avril 2026.

Le lancement d'Artemis II a perturbé l'ionosphère et le signal GPS

La fusée Space Launch System de la NASA a provoqué des perturbations sans précédent dans l’ionosphère lors du lancement d’Artemis II le 1er avril 2026. Une étude préliminaire indique que ces trous atmosphériques auraient pu altérer la précision des signaux GPS, soulevant des questions inédites pour la sécurité des véhicules autonomes et la gestion des risques spatiaux.

Le 1er avril 2026, la mission Artemis II s’est élancée depuis le Centre spatial Kennedy en Floride à bord du lanceur lourd Space Launch System. Cette fusée haute de 98 mètres a fourni 8,8 millions de livres de poussée pour propulser quatre astronautes — Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen — autour de la Lune. Les chercheurs du département des sciences de la Terre de l’Université nationale Cheng Kung à Taïwan ont analysé les données de récepteurs GPS fixes pour mesurer l’impact de ce vol historique sur la haute atmosphère.

Des perturbations ionosphériques d’une ampleur inédite sur l’Amérique du Nord

L’analyse des signaux de navigation par satellite a révélé que la combustion des étages de la fusée a modifié la concentration d’électrons libres dans l’ionosphère, située à des altitudes supérieures à 30 miles (50 kilomètres). Contrairement aux tempêtes solaires qui durent plusieurs jours, ces trous atmosphériques artificiels se sont propagés sur des milliers de kilomètres. Les chercheurs ont enregistré trois perturbations distinctes au cours de la mission, une première pour un vol spatial unique.

Artemis II Tore ‘Hole’ in Earth’s Atmosphere, Raising GPS Concerns - Newsweek
Photo : Newsweek

La première perturbation est intervenue lors du décollage initial, tandis que les deux suivantes ont été déclenchées par des manœuvres en orbite de l’étage supérieur. La deuxième combustion, réalisée à haute altitude environ deux heures après le départ, a généré un sillage perturbé s’étirant sur environ 3 100 miles (5 000 kilomètres) d’est en ouest à travers le continent nord-américain, créant une déchirure allant des Grandes Plaines à l’océan Atlantique à une vitesse d’environ 5,1 miles par seconde (8,2 km/s). Une troisième perturbation plus faible est intervenue plus de 24 heures après le décollage. Les scientifiques, s’appuyant sur des données compilées avec l’aide du Goddard Space Flight Center de la NASA à partir de plus de 3 500 stations au sol captant les signaux GPS, GLONASS et Galileo, notent que ces altérations se sont avérées nettement plus intenses que celles observées lors des essais du Starship de SpaceX.

Les risques potentiels pour les véhicules autonomes et les drones

Les variations de densité électronique détectées par les stations au sol correspondent à des erreurs de positionnement potentielles de plusieurs mètres. Ces imprécisions techniques ne provoquent pas nécessairement des pannes de service généralisées, mais elles menacent la fiabilité des technologies de précision. Charles Lin, professeur de sciences de la Terre à l’Université nationale Cheng Kung et co-auteur de l’étude publiée en juillet sur le serveur de pré-tirage d’ESS Open Archive et soumise à Geophysical Research Letters, souligne la sensibilité des systèmes modernes.

NASA’s Artemis II launch punched a hole in Earth’s upper atmosphere and may have disrupted GPS

Une erreur de positionnement de quelques mètres suffit pour amener une voiture autonome à changer de voie,

Charles Lin, co-auteur de l’étude et professeur à l’Université nationale Cheng Kung

Le chercheur ajoute que cette marge d’erreur pourrait également compromettre la trajectoire des drones. Néanmoins, l’impact réel sur les véhicules autonomes reste variable, l’étude n’ayant documenté aucun accident ni changement effectif de voie.

Implications pour l’assurance spatiale et les futures missions lunaires

L'étude révèle une conséquence environnementale méconnue des programmes d'exploration habitée. Les agences spatiales et le secteur de l’assurance s’intéressent désormais à la responsabilité civile et aux répercussions financières potentielles liées à ces perturbations anthropiques de la météo spatiale, même si aucun réclamations pour dommages liés au GPS n’a été recensé. Alors que la NASA prépare les prochaines étapes de son programme d’exploration, la récurrence de tels lancements lourds impose une surveillance accrue des interférences atmosphériques.

Artemis launch april
Photo : Gizmodo

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.