Publié le 29 octobre 2023. Le gouvernement malien a annulé plus de 90 permis d’exploration minière, touchant des entreprises internationales, dans le cadre d’une volonté de renforcer le contrôle de ses ressources naturelles et de réévaluer les accords existants.
- Plus de 90 permis d’exploration minière ont été révoqués au Mali.
- Des filiales de sociétés minières internationales telles que Harmony Gold, IAMGOLD et Resolute Mining sont concernées.
- Cette décision s’inscrit dans une tendance régionale de renforcement de la réglementation minière et de rapprochement avec de nouveaux partenaires, notamment la Russie.
Le Mali a mis fin à plus de 90 permis d’exploration minière, incluant ceux détenus par des filiales de groupes miniers internationaux, selon un décret officiel révélé par Reuters. Parmi les entreprises affectées figurent les filiales locales de Harmony Gold, IAMGOLD, Cora Gold, Birimian Gold et Resolute Mining.
Le ministère des Mines a justifié cette décision par le non-respect des nouvelles exigences légales imposées aux détenteurs de permis. Un communiqué du ministère indique que les titulaires de permis avaient été invités à fournir les documents requis, mais que « après vérification, les autorités ont constaté un non-respect généralisé ». En conséquence, le gouvernement a annulé les permis conformément à la législation minière.
Le décret, signé le 13 octobre par le ministre des Mines Amadou Keita, annule les permis délivrés entre 2015 et 2022 pour l’exploration de divers minerais, notamment l’or, le minerai de fer, la bauxite, l’uranium, les terres rares et d’autres ressources. Le document précise que tous les droits conférés par ces permis sont désormais « libérés » et que les zones concernées seront remises en adjudication.
Le ministère des Mines n’a pas précisé si les entreprises concernées auront la possibilité de faire appel de cette décision ou de soumettre de nouvelles demandes.
Cora Gold a déclaré à Reuters avoir renoncé à ces permis il y a plus de deux ans et n’avoir reçu aucune notification préalable. L’entreprise a ajouté que cette annulation tardive n’avait aucun impact sur ses opérations et ne nécessitait pas de réponse de sa part.
Harmony Gold, IAMGOLD, Birimian Gold et Resolute Mining n’ont pas immédiatement répondu aux sollicitations de Reuters pour obtenir leurs commentaires.
Le Mali est un important producteur d’or en Afrique, et l’exploitation minière représente une source majeure de revenus et d’exportations pour le pays. Cependant, les récentes mesures de contrôle réglementaire et l’instabilité sécuritaire ont freiné les investissements étrangers.
La production industrielle d’or pourrait ne pas atteindre son objectif fixé pour 2025 en raison de perturbations rencontrées sur la mine Loulo-Gounkoto de Barrick, le principal actif aurifère du pays.
Parallèlement à ces révocations de permis, le gouvernement militaire malien a renforcé ses liens avec la Russie, notamment à travers des accords énergétiques et miniers. Un accord récent prévoit la fourniture de 160 000 à 200 000 tonnes de pétrole et de produits agricoles, dans un contexte de blocus sur le carburant imposé par des groupes islamistes qui a perturbé les transports et entraîné la fermeture d’écoles à l’échelle nationale. Discussions russo-maliennes sur des projets conjoints lithium et solaire
Cet accord s’inscrit dans la continuité des initiatives russes dans le secteur minier malien, incluant des coentreprises dans l’or, l’uranium et le lithium, ainsi que la construction de mines, notamment une raffinerie d’or publique à Bamako.
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