Home AffairesLe marché du transfert d’emploi est enthousiasmé par la perspective d’une prime de performance de SK Hynix de « 400 millions l’année prochaine »… Est-ce un « trou noir gravitationnel » ?

Le marché du transfert d’emploi est enthousiasmé par la perspective d’une prime de performance de SK Hynix de « 400 millions l’année prochaine »… Est-ce un « trou noir gravitationnel » ?

by Amélie Bernard

Publié le 14 janvier 2026 à 11h18. La flambée du secteur de la mémoire vive, alimentée par l’intelligence artificielle, provoque une refonte des systèmes de rémunération dans l’industrie des semi-conducteurs, exacerbant les tensions entre les géants Samsung Electronics et SK Hynix et suscitant des inquiétudes quant à une possible fuite des talents.

  • SK Hynix a revu sa politique de primes, liant les distributions aux bénéfices et intensifiant le recrutement.
  • Chez Samsung Electronics, le manque de transparence et de prévisibilité dans le calcul des primes de performance suscite le mécontentement.
  • Le syndicat de Samsung Electronics envisage des actions de protestation, y compris la divulgation d’informations sur les salaires et les conditions de travail chez les concurrents.

Le super cycle de la mémoire, propulsé par l’essor de l’intelligence artificielle, bouleverse les codes de la rémunération dans le secteur des semi-conducteurs. SK Hynix a pris les devants en modifiant sa méthode de calcul des primes de distribution des bénéfices excédentaires (PS), désormais directement liées au bénéfice d’exploitation. L’entreprise a également intensifié sa politique de recrutement, ciblant des profils expérimentés.

Cette approche contraste fortement avec la situation chez Samsung Electronics, où le manque de clarté et de prévisibilité dans le calcul des primes de performance est source de frustration croissante. Le syndicat de l’entreprise s’est élevé contre ce manque de transparence et envisage des actions plus radicales, allant jusqu’à la divulgation d’informations sensibles sur les salaires et les conditions de travail chez les concurrents.

En septembre dernier, SK Hynix a supprimé la limite supérieure des PS, allouant désormais 10 % de son bénéfice d’exploitation annuel à cette forme de rémunération. Cette décision a été perçue comme un signal fort, indiquant une volonté d’augmenter structurellement les primes en fonction des performances de l’entreprise. Les estimations du marché tablent sur un bénéfice d’exploitation annuel de 43 831,2 milliards de wons (environ 31,8 milliards d’euros) pour SK Hynix l’année dernière, ce qui se traduirait par environ 4 380 milliards de wons (environ 3,2 milliards d’euros) de PS, soit une moyenne de 130 millions de wons (environ 94 700 euros) par employé.

Les prévisions de Macquarie Equity Research, estimant le bénéfice d’exploitation de SK Hynix à 136 533 milliards de wons (environ 99,3 milliards d’euros) cette année et à 189 393 milliards de wons (environ 137,6 milliards d’euros) en 2027, alimentent encore davantage les attentes. Certains experts du secteur prédisent ainsi que les PS pourraient augmenter significativement, avec des primes de performance atteignant une moyenne de 400 millions de wons (environ 290 000 euros) l’année prochaine.

Samsung Electronics, quant à elle, applique un système de bonus de performance différent. L’incitation aux bénéfices excédentaires (OPI), anciennement PS, est calculée en fonction de la performance de chaque unité commerciale par rapport à ses objectifs initiaux. Le syndicat de Samsung Electronics estime que la prime de performance moyenne par employé s’élève à environ 40 millions de wons (environ 29 000 euros).

Bien que Samsung Electronics dispose d’un portefeuille d’activités plus diversifié, incluant la fonderie et le système LSI, et d’investissements plus importants, les critiques se multiplient quant à l’écart perçu entre les rémunérations des deux entreprises. Les employés de Samsung Electronics estiment que leur rémunération ne reflète pas leurs performances, en particulier dans un contexte de croissance similaire dans le secteur.

Cette situation, combinée à l’expansion du recrutement chez SK Hynix, suscite des inquiétudes quant à une possible “fuite des cerveaux”. SK Hynix recrute actuellement 31 profils dans huit domaines clés, notamment le développement de DRAM, les technologies de fabrication et le développement commercial. L’entreprise cherche à renforcer ses effectifs pour répondre à la demande croissante de mémoire HBM.

Le nombre d’adhérents au syndicat de Samsung Electronics a augmenté de 8,7 % en deux semaines, atteignant 55 268 membres. Le syndicat espère obtenir le statut de syndicat majoritaire, ce qui lui donnerait un pouvoir de négociation accru. Le taux de syndicalisation dans le secteur DS, responsable des semi-conducteurs, est de 55,9 %, soit 12,7 points de pourcentage de plus que dans le secteur DX.

« Sur le tableau d’affichage de Samsung Electronics, il y a un relais pour la certification des membres du syndicat, tandis qu’il y a un buzz autour des candidatures de travailleurs expérimentés chez SK Hynix. »

Responsable du syndicat Samsung Electronics

Le syndicat a menacé d’organiser une assemblée générale et d’entamer des procédures de grève si les négociations salariales n’aboutissent pas. Il envisage également de divulguer des informations sur les salaires et les conditions de travail chez les concurrents, ainsi que de demander plus de transparence dans le calcul des primes de performance, notamment en remettant en question la méthode EVA (Valeur Économique Ajoutée), qui pourrait désavantager les entreprises ayant des investissements importants.

L’industrie craint que cet écart de rémunération ne conduise à une fuite des talents et à des difficultés de gestion du personnel. Un responsable du secteur a déclaré : « Samsung Electronics a un vaste secteur d’activité, il est donc difficile d’appliquer une structure de rémunération unique basée sur la performance. Cependant, si l’écart de rémunération est excessivement élargi, cela peut conduire au départ du personnel clé, ce qui constitue un facteur pesant. »

Un autre expert a souligné que la concurrence dans le secteur de la mémoire vive s’étend désormais de la “concurrence technologique” à la “concurrence en matière de rémunération”, et que les structures de primes de performance et les relations entre les travailleurs et la direction joueront un rôle crucial dans l’industrie cette année.

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