Publié le 14 janvier 2026 18h22. Le patron du Medef, Patrick Martin, a dressé un tableau sombre de la situation économique française, marquée par une forte tension chez les chefs d’entreprise et des inquiétudes budgétaires persistantes, à la veille de sa rencontre avec le ministre de l’Économie, Sébastien Lecornu.
- Les dirigeants d’entreprises, notamment les PME, affichent une attitude prudente face aux incertitudes budgétaires.
- Le Medef exprime son choc face à la suspension de la réforme des retraites et critique le transfert de la dette publique vers les générations futures.
- L’organisation patronale juge décevant le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, estimant qu’il ne contient aucune mesure d’économie significative.
Patrick Martin a exprimé ses préoccupations lors d’un échange avec l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef) mercredi 14 janvier, dans un bistrot du 9e arrondissement de Paris. Il a souligné la tension palpable chez les chefs d’entreprise, un sentiment qui domine le début de l’année 2026. « Les chefs d’entreprise sont sous tension », a-t-il déclaré d’emblée.
L’inquiétude budgétaire est au cœur des préoccupations, notamment pour Patrick Martin, également actionnaire majoritaire du groupe industriel Martin Belaysoud. « Cela provoque beaucoup d’attentisme des dirigeants, particulièrement au sein des PME », a-t-il constaté, tout en reconnaissant que « la croissance économique a été meilleure que prévu ». Selon les prévisions de la Banque de France, la croissance devrait atteindre 0,9 % en 2025.
Le Medef n’a pas digéré les rebondissements de la procédure budgétaire en fin d’année 2025, notamment l’échec de la commission mixte paritaire le 19 décembre. « On reste extrêmement choqués de la suspension de la réforme des retraites. Il est irresponsable de reporter la dette abyssale sur les générations suivantes », a insisté Patrick Martin, affirmant que le maintien de cette réforme « n’aurait pas mis la France à feu et à sang ».
Concernant le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, adopté définitivement le 16 décembre, le Medef affiche une profonde déception. « C’est une énorme déception, il y a zéro économie, le PLFSS est effrayant de ce point de vue », a-t-il déclaré.
Les discussions parlementaires sur le projet de loi de finances, reprises mardi 13 janvier au Palais-Bourbon, devraient rouvrir des dossiers épineux pour les patrons. Parmi les points de friction figurent la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises (impôt sur les sociétés – IS), la possible mise en place d’une taxe sur les holdings, et l’évolution de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). « Les politiques nous demandent ce qui nous ferait le moins mal, c’est infernal », s’est plaint Patrick Martin. « Notre position est simple : on ne veut pas rentrer dans ce jeu-là. Il faut dépasser ces petites négociations politiciennes », a-t-il conclu.
