Publié le 5 décembre 2025 à 11h11. L’inquiétude grandit dans le comté d’Onondaga, dans l’État de New York, face à une chute spectaculaire du nombre de vaccinations contre la grippe saisonnière, un phénomène que les autorités sanitaires attribuent à une méfiance croissante envers les vaccins.
- Seulement 27 % des habitants du comté d’Onondaga ont été vaccinés contre la grippe cette année, contre plus de 40 % à la même période les années précédentes.
- L’État de New York enregistre également une baisse significative des vaccinations, avec près de 4 millions de doses en moins administrées par rapport aux années précédentes.
- Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la vaccination, même si le vaccin ne protège pas à 100 % contre toutes les souches virales, afin de limiter la gravité des symptômes et les complications.
La baisse de la couverture vaccinale contre la grippe, un vaccin pourtant considéré comme sûr et efficace depuis des décennies, s’inscrit dans un contexte plus large de scepticisme croissant envers les vaccins, alimenté notamment par des personnalités publiques remettant en question leur utilité. Le Dr Kathryn Anderson, commissaire à la santé du comté d’Onondaga, tire la sonnette d’alarme face à cette tendance inquiétante.
« La vaccination annuelle systématique contre la grippe est recommandée à toutes les personnes âgées de 6 mois et plus, sans contre-indication à la vaccination, pour se protéger contre la grippe et ses complications », a rappelé le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) en août dernier. Pourtant, les taux de vaccination ont diminué au cours des trois dernières saisons, après avoir atteint un pic de 52 % des Américains vaccinés en 2020-2021.
Selon une enquête récente de la Fondation Nationale des Maladies Infectieuses, 40 % des Américains expriment des inquiétudes quant aux effets secondaires des vaccins contre la grippe, doutent de leur efficacité ou craignent de tomber malades à cause du vaccin lui-même. Cette méfiance, combinée à la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux, contribue à la baisse de la couverture vaccinale.
La situation est d’autant plus préoccupante que le nombre de cas de grippe a augmenté ces dernières semaines. L’État de New York a déclaré mardi une saison grippale prévalente. Au cours des trois dernières semaines, les services d’urgence des hôpitaux de l’État ont traité près de 1 800 personnes présentant des symptômes grippaux, et plus de 17 500 cas de grippe ont été signalés dans tout l’État avant Thanksgiving.
Bien que le vaccin contre la grippe ne soit pas toujours parfaitement adapté aux souches virales en circulation, comme c’est le cas cette année avec une souche particulièrement mutée, il offre une protection partielle qui peut faire la différence entre une simple grippe et une hospitalisation, voire un décès. Les complications de la grippe, notamment la pneumonie, sont responsables de dizaines de milliers de décès chaque année aux États-Unis, principalement chez les personnes âgées.
Les taux de vaccination chez les personnes âgées restent plus élevés que dans le reste de la population (70 % en temps normal), mais ils sont également en baisse cette année, avec une diminution de 23 % au niveau national. Le Dr Anderson souligne que la confusion autour des vaccins est palpable, notamment en raison des débats récents sur l’éligibilité des adultes en bonne santé au vaccin Covid et sur le calendrier de vaccination contre l’hépatite B chez les nouveau-nés. Elle insiste sur le fait que ces remises en question ne sont pas fondées sur de nouvelles données scientifiques.
« Le point principal perdu dans tout cela, c’est qu’il n’y a pas de nouvelles informations ici. Il existe une tension compréhensible entre le choix individuel et le bien public… (Mais) nous oublions à quel point ces maladies sont mortelles. »
Dr. Kathryn Anderson, commissaire à la santé du comté d’Onondaga