Home SantéLe mépolizumab démontre un bénéfice en matière de dysfonctionnement d’un organe terminal dans la GEPA et l’HES

Le mépolizumab démontre un bénéfice en matière de dysfonctionnement d’un organe terminal dans la GEPA et l’HES

by Sophie Martin

Publié le 29 octobre 2025 10h16. De nouvelles données issues d’analyses en conditions réelles suggèrent que le mépolizumab, un traitement ciblé, améliore significativement l’état clinique des patients atteints de granulomatose éosinophilique avec polyangéite (GEPA) et de syndrome hyperéosinophilique (SHE), deux maladies inflammatoires rares affectant plusieurs organes.

  • Le mépolizumab est associé à une amélioration des atteintes cardiaques, rénales et vasculaires chez les patients atteints de GEPA et de SHE.
  • Une étude rétrospective portant sur plus de 1 800 patients a révélé une réduction de la dysfonction organique cible grâce au mépolizumab par rapport aux traitements standards.
  • D’autres données présentées lors du congrès ACR Convergence 2025 confirment l’efficacité et le potentiel protecteur du médicament obinutuzumab pour les patients atteints de néphrite lupique.

Ces résultats, présentés lors de l’édition 2025 du congrès Convergence de l’American College of Rheumatology (ACR) à Chicago, Illinois, du 24 au 29 octobre, apportent des éléments concrets sur l’impact du mépolizumab dans la pratique clinique. Jusqu’à présent, les données disponibles provenaient principalement d’essais cliniques. L’étude menée par le Dr David J. Silverman, chef de la section régionale de rhumatologie du Colorado Permanente Medical Group et directeur du cours de rhumatologie de la résidence de médecine interne à l’hôpital Saint Joseph, se base sur une analyse approfondie de données réelles issues de la base de données Market Clarity d’Optum.

L’étude a porté sur 1 102 patients atteints de GEPA et 784 patients atteints de SHE. Parmi les patients atteints de GEPA, 375 recevaient du mépolizumab, tandis que 727 étaient traités par les soins standards habituels. Dans le groupe des patients atteints de SHE, 198 utilisaient le mépolizumab et 586 étaient sous traitement standard. Les chercheurs ont évalué la proportion et le taux de dysfonctionnement des organes cibles (EOD) ainsi que l’évolution de l’état EOD.

Les résultats indiquent que le mépolizumab améliore significativement l’état EOD par rapport aux soins standards chroniques, notamment en cas d’insuffisance rénale aiguë (P = 0,026) et de maladie rénale chronique de stade 3 (P = 0,009) chez les patients atteints de GEPA. Chez les patients atteints de SHE, le mépolizumab a également montré des améliorations significatives en cas d’insuffisance mitrale (P < 0,001) et de thrombose veineuse (P = 0,009).

« Ces résultats suggèrent que le traitement par le mépolizumab peut offrir une protection contre les manifestations des organes cibles, influençant les résultats tels que la rémission, avec des implications pour la pratique clinique et les recherches futures. Cela va au-delà des résultats démontrés dans les ECR, établissant que le mépolizumab présente des avantages tangibles dans le monde réel. »

David J. Silverman, MD

Les chercheurs soulignent certaines limites de l’étude, notamment la taille relativement réduite des échantillons et les faibles taux d’événements. Ils notent également l’absence de données sur l’utilisation antérieure de médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (DMARD) ou de produits biologiques, ce qui pourrait avoir influencé les résultats observés. Ils recommandent d’interpréter les résultats avec prudence, car les définitions de l’EOD étaient basées sur des marqueurs issus des demandes de remboursement et de l’utilisation des soins de santé, plutôt que sur des tests diagnostiques.

Par ailleurs, d’autres données présentées lors de l’ACR Convergence 2025 ont mis en évidence l’efficacité continue de l’obinutuzumab dans la protection rénale et l’obtention de taux de rémission élevés chez les patients atteints de néphrite lupique (LN). Les patients inclus dans cette cohorte présentaient une forme de la maladie plus réfractaire, ayant déjà progressé malgré des traitements antérieurs tels que le rituximab, le belimumab, le mycophénolate mofétil ou la voclosporine, et avaient une fonction rénale initiale plus faible (DFGe moyen d’environ 70 ml/min/1,73 m²).

Dans ce groupe de patients difficiles à traiter, 40 % (n = 10) ont obtenu une rémission complète, 32 % (n = 8) une rémission partielle et 28 % (n = 7) n’ont pas répondu au traitement après 24 mois, ce qui représente un taux de réponse d’environ 70 %, en accord avec les résultats des essais pivots. La protéinurie (UPCR) a diminué de manière significative au fil du temps (P < 0,001), tandis que le DFGe est resté globalement stable. Parmi les patients ayant obtenu une rémission complète ou partielle, 62 % ont maintenu une fonction rénale stable ou améliorée sur une période de deux ans.

Il est important de noter que certains patients ont obtenu une rémission après un seul cycle de traitement par l’obinutuzumab, les premières réponses étant observées dès 3 mois et d’autres jusqu’à 18 mois plus tard, ce qui souligne l’importance d’un suivi continu pour identifier les patients qui pourraient bénéficier d’un traitement prolongé. La fonction rénale initiale s’est avérée être un facteur prédictif de la réponse, les patients ayant un DFGe initial plus élevé étant significativement plus susceptibles d’atteindre une rémission complète (P = 0,014).

Références
  1. Silverman D, Barnes T, Odo N et al. Le mépolizumab réduit les manifestations des organes cibles par rapport à la norme de soins chez les patients atteints de GEPA et de HES : une analyse du monde réel aux États-Unis. Présenté à : ACR Convergence 2025 ; 24-29 octobre ; Chicago, Illinois. Résumé #LB16
  2. toz b, vashistha h, furie r, et al. Effets à long terme d’OBINUZUMAB sur la fonction rénale dans la néphrite lupique. Présenté à : Acr Convergence 2025 ; 24-29 octobre ; Chicago, Illinois. Affiche #152

You may also like

Leave a Comment