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Le ministère de la Santé décide de ne pas intégrer le vaccin contre le zona dans le SUS

by Sophie Martin

Le ministère de la Santé brésilien a annoncé sa décision de ne pas intégrer, pour l’instant, le vaccin contre le zona au Système Unique de Santé (SUS). Cette décision, motivée par des considérations économiques, intervient après une évaluation approfondie de son coût-efficacité.

  • Le vaccin contre le zona, destiné aux personnes de plus de 80 ans et aux immunodéprimés, a été jugé trop coûteux par rapport à son impact potentiel sur la lutte contre la maladie.
  • L’investissement total sur cinq ans pour vacciner la population cible s’élèverait à 5,2 milliards de reais (environ 1 milliard d’euros).
  • Le zona, causé par le même virus que la varicelle, peut entraîner des complications graves, mais la plupart des cas évoluent favorablement avec un traitement symptomatique déjà pris en charge par le SUS.

La Commission nationale pour l’incorporation des technologies dans le SUS (Conitec) a publié un rapport détaillé justifiant cette décision. Selon ce document, disponible en ligne, le coût de la vaccination de 1,5 million de patients par an s’élèverait à 1,2 milliard de reais (environ 240 millions d’euros) la première année, puis à 380 millions de reais (environ 76 millions d’euros) la cinquième année, après avoir vacciné les 471 000 patients restants.

« La commission des médicaments a reconnu l’importance du vaccin pour prévenir le zona, mais a souligné que des considérations supplémentaires concernant l’offre de prix doivent être négociées, afin d’atteindre une valeur ayant un impact budgétaire durable pour le SUS », indique le rapport de Conitec.

L’ordonnance du ministère, publiée au Journal Officiel de l’Union (ici), précise que la question pourra être réexaminée par Conitec si de nouveaux éléments sont apportés susceptibles de modifier l’analyse.

Le zona : une réactivation virale courante

Le zona est une affection cutanée douloureuse causée par la réactivation du virus varicelle-zona, responsable également de la varicelle. Après avoir contracté la varicelle, le virus reste latent dans l’organisme et peut se réactiver, plus fréquemment chez les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli.

Les premiers symptômes incluent des brûlures, des démangeaisons, une sensibilité cutanée, une légère fièvre et une fatigue. Ils sont rapidement suivis par l’apparition de petites cloques remplies de liquide sur un seul côté du corps, le long du trajet d’un nerf. Ces lésions, qui touchent généralement le tronc, le visage, le bas du dos et le cou, mettent environ deux à trois semaines à guérir.

Bien que le zona guérisse généralement spontanément, il peut parfois entraîner des complications graves affectant la peau, le système nerveux, les yeux et les oreilles, selon le rapport de Conitec.

Prise en charge du zona par le SUS

Le Système Unique de Santé (SUS) propose déjà une prise en charge du zona, axée sur le soulagement des symptômes dans les cas bénins. Cela comprend des médicaments pour atténuer la douleur, la fièvre et les démangeaisons, ainsi que des conseils d’hygiène et de soins de la peau. Dans les cas plus graves, notamment chez les personnes âgées, les immunodéprimés ou celles atteintes de maladies sous-jacentes, l’antiviral acyclovir est prescrit.

Entre 2008 et 2024, le SUS a enregistré 85 888 consultations ambulatoires et 30 801 hospitalisations pour zona à travers le Brésil, selon les données des systèmes d’information ambulatoire (SIA/SUS) et hospitalier (SIH/SUS). Durant la période 2007-2023, 1 567 décès liés au zona ont été recensés, représentant un taux de mortalité de 0,05 décès pour 100 000 habitants. 90 % de ces décès concernaient des personnes de plus de 50 ans, dont 53,4 % avaient plus de 80 ans.

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