Publié le 18 octobre 2025 à 10h55. Un ancien interniste de l’hôpital Maasstad à Rotterdam a été condamné à deux ans de prison, dont six mois avec sursis, pour des agressions sexuelles sur des internes et des patientes. L’affaire met en lumière un abus de pouvoir et un climat de silence au sein de l’établissement.
- Un ancien interniste a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur trois internes et deux patientes.
- Il a été condamné à deux ans de prison, dont six mois avec sursis.
- Le conseil de discipline médicale l’a radié du registre BIG après les témoignages de plusieurs victimes.
L’ancien interniste, âgé de 57 ans, travaillait à l’hôpital Maasstad de Rotterdam lorsqu’il a commis les faits. Les victimes ont témoigné d’un sentiment de vulnérabilité et d’un abus de pouvoir flagrant. L’homme a été démis de ses fonctions il y a deux ans et a toujours nié les accusations.
Selon les témoignages recueillis, les agressions se sont produites lors d’examens médicaux, notamment des échographies. Les étudiantes ont relaté avoir été examinées de manière intrusive et inappropriée, parfois contraintes de s’exposer partiellement. L’une d’elles a déclaré :
« J’étais là, si vulnérable, si sans défense, si petite. C’était un pur abus de pouvoir. »
Victime, témoignage recueilli par Rijnmond
Les étudiantes ont également révélé que d’autres étudiantes s’étaient allongées sur la table d’examen avec leurs jeans pour le même cours, par crainte de subir les mêmes abus. Le médecin aurait également filmé ces examens, mais les images ont été détruites, selon ses propres dires.
Les deux patientes ont également dénoncé des gestes inappropriés lors d’examens médicaux, notamment des touchers non nécessaires au niveau des seins et du pubis. L’une d’elles a confié :
« Ma foi dans la blouse blanche a disparu à jamais. Vous m’avez rendu malade, au lieu de m’améliorer. »
Ancienne patiente
Le suspect a toujours nié les faits, affirmant que ses gestes étaient d’ordre médical et qu’il n’avait jamais eu l’intention de faire du mal. Il a qualifié son comportement d’« enthousiasme » et a regretté d’avoir filmé les examens, expliquant qu’il s’agissait d’une « action très stupide ».
En 2023, le conseil de discipline médicale avait déjà suspendu l’interniste, avant de le rayer du registre BIG après l’émergence de nouveaux témoignages. Le conseil avait alors dénoncé un « comportement choquant et inacceptable ». Vous pouvez consulter l’article de NOS concernant la suspension de l’interniste.
Le ministère public a requis, en plus de la peine de prison, une interdiction d’exercer dans le secteur médical pendant cinq ans. L’une des anciennes étudiantes a souligné devant le tribunal qu’elle ne se battait pas seulement pour elle-même, mais pour toutes les femmes victimes de comportements inappropriés. Elle a déclaré :
« Je me tiens ici au nom de toutes les collègues féminines qui ont été victimes d’un comportement inapproprié. Elles gardent le silence car sinon elles ne seraient pas assurées de leur éducation. C’est pourquoi j’ai ouvert la bouche et crié. »
Ancienne étudiante
Le tribunal rendra son verdict le 31 octobre.