Publié le 22 octobre 2023 07h35:00. Le musée du Louvre a rouvert ses portes mercredi après un cambriolage audacieux qui a vu disparaître des bijoux historiques d’une valeur estimée à 88 millions d’euros, soulevant des questions sur la sécurité du célèbre établissement.
- Le Louvre a rouvert au public après le vol de bijoux d’une valeur de 88 millions d’euros.
- La ministre de la Culture, Rachida Dati, défend les mesures de sécurité du musée, affirmant qu’elles ont « fonctionné », malgré des doutes sur un éventuel dysfonctionnement de l’alarme.
- Ce cambriolage s’inscrit dans une série de vols ciblés dans les musées français, pointant vers un professionnalisme croissant des cambrioleurs.
Le musée du Louvre a accueilli à nouveau les visiteurs mercredi matin, après avoir été fermé suite au spectaculaire vol de bijoux survenu dans la nuit de lundi à mardi. Des images diffusées par Reuters ont montré des personnes entrant dans l’enceinte du musée, symbole de la culture française.
Interrogée sur un possible échec du système de sécurité, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a fermement nié toute défaillance.
« La sécurité du Louvre a-t-elle échoué ? Non, elle n’a pas échoué. C’est un fait. La sécurité a fonctionné. »
Rachida Dati, ministre de la Culture
Cependant, des interrogations persistent quant au bon fonctionnement des alarmes. Le parquet de Paris a indiqué que des vérifications sont toujours en cours pour déterminer si le système s’est déclenché immédiatement lors de l’intrusion des cambrioleurs ou seulement juste avant leur fuite. Selon les premiers éléments de l’enquête, les voleurs seraient entrés et sortis par une fenêtre.
L’historien d’art Didier Rykner, fondateur de la revue en ligne La Tribune de l’Art, a révélé que l’alarme de la fenêtre concernée aurait été défectueuse il y a un mois, selon des sources internes au Louvre, dont une occupant un « poste très élevé ». La question de savoir si ce défaut a été réparé depuis reste en suspens.
Le préjudice est estimé à environ 88 millions d’euros, selon les premières estimations des conservateurs du Louvre. La procureure de Paris, Laure Beccuau, a souligné à la chaîne RTL que, si le vol représente un dommage matériel considérable, la perte du patrimoine culturel est encore plus importante.
Ce cambriolage s’inscrit dans une tendance inquiétante en France, caractérisée par des vols ciblés d’objets de valeur, tels que des bijoux, des monnaies ou des pièces historiques. Récemment, la Maison des Lumières Denis Diderot à Langres, dans le nord-est de la France, a été victime d’un vol similaire, avec la disparition de manuscrits, de lettres et d’un trésor monétaire du XVIIIe siècle composé d’environ 2 000 pièces d’argent et d’or. Les enquêteurs estiment que les auteurs ont agi avec une grande expertise et ont sélectionné leurs proies de manière précise.
Le musée Jacques-Chirac de Sarran, dans le sud-ouest du pays, a également été ciblé à deux reprises en 48 heures mi-octobre. Ce musée abrite environ 5 000 cadeaux diplomatiques offerts à Jacques Chirac durant ses deux mandats présidentiels (1995-2007). L’évaluation des dégâts, notamment concernant les montres et les bijoux, est toujours en cours.
L’organisation policière internationale Interpol souligne que les vols d’œuvres d’art sont de plus en plus sophistiqués et nécessitent une planification minutieuse. Même si un vol semble rapide et facile, il est souvent le résultat de mois de préparation, a précisé Interpol dans un communiqué publié depuis son siège à Lyon, en France. L’agence gère une base de données contenant les détails et les images de 57 000 œuvres d’art volées.
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