Home MondeLe ministre turc des Affaires étrangères, Fidan, appelle à l’éviction “immédiate” des éléments non syriens des FDS pour le processus d’intégration

Le ministre turc des Affaires étrangères, Fidan, appelle à l’éviction “immédiate” des éléments non syriens des FDS pour le processus d’intégration

by Clara Dubois

Publié le 6 décembre 2025 à 21h12. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a mis en garde contre toute intégration des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), considérées comme une branche du PKK, au sein de l’armée syrienne, soulignant que leur unique objectif est de déstabiliser la Turquie. Ses déclarations interviennent lors du Forum de Doha, au Qatar.

  • La Turquie exige le départ immédiat des combattants non syriens des FDS, originaires d’Irak, d’Iran et de Turquie.
  • Ankara considère que toute capacité militaire visant sa sécurité doit être démantelée en Syrie.
  • La Turquie se dit prête à soutenir une éventuelle force internationale de stabilisation (FIS) en Palestine, mais attend une position claire des États-Unis et une reprise des négociations.

S’exprimant lors d’une interview au 23e Forum de Doha, Hakan Fidan a critiqué les tentatives d’intégrer les FDS, composées en partie selon lui de membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dans les forces armées syriennes. Il a affirmé que ces combattants sont principalement positionnés pour mener des actions contre la Turquie.

« Nous savons que les FDS, faisant partie du PKK, comptent certains éléments qui sont en fait uniquement positionnés pour lutter contre la Turquie. Nous voulons que les éléments non syriens des FDS – ceux venant d’Irak, d’Iran et de Turquie – partent immédiatement », a déclaré le ministre, cité par l’agence de presse turque TRT World.

Hakan Fidan a souligné l’importance cruciale de la Syrie pour la Turquie, précisant que tout développement dans ce pays ou en Irak a des répercussions directes sur Ankara. Il a insisté sur la nécessité d’abolir « toutes les capacités et les unités qui ont été positionnées contre les intérêts et la sécurité de la Turquie ».

Le ministre a également évoqué la crise humanitaire en Syrie, qualifiée d’« insupportable », qui a conduit le président Erdogan à adopter une politique de porte ouverte envers les réfugiés fuyant le régime de Bachar al-Assad. Il a rappelé que la Turquie a accueilli des millions de personnes.

Hakan Fidan a dressé un bilan des soutiens internationaux en Syrie, notant le fort appui apporté au régime de Damas par l’Iran et la Russie. Il a déploré l’affaiblissement du soutien à l’opposition syrienne après 2016-2017, laissant la Turquie et le Qatar relativement isolés, tandis que les États-Unis et les pays occidentaux se sont concentrés sur l’aide aux FDS.

Concernant une éventuelle intégration des FDS au sein de l’armée syrienne, le ministre a indiqué qu’Ankara et Damas avaient toujours exprimé leurs attentes à ce groupe. Il a estimé qu’un accord entre les FDS et le gouvernement syrien est possible, relevant qu’il s’agirait d’une décision souveraine de Damas. Il a toutefois souligné la complexité des négociations, compte tenu du nombre important de combattants impliqués, et la nécessité d’une bonne foi et d’une vision partagée.

Hakan Fidan a mis en garde contre un processus purement symbolique de la part des FDS, destiné à satisfaire la communauté internationale sans mesures concrètes. Il a insisté sur l’importance d’un engagement réel des deux côtés, affirmant que la Turquie attend des résultats tangibles.

Le ministre a également évoqué des tentatives de négociations avec le PKK au début des années 2010, alors qu’il était chef du renseignement turc (entre 2009 et 2013). Il a révélé que les parties étaient proches d’un accord, mais que le PKK s’en est ensuite détourné en raison de la situation en Syrie. Il a exprimé des doutes quant à la capacité d’Abdullah Öcalan, leader emprisonné du PKK, à empêcher une nouvelle volte-face.

Enfin, Hakan Fidan a abordé la question de la Palestine, indiquant que la Turquie était prête à soutenir pleinement les Palestiniens, y compris par le déploiement de troupes au sein d’une éventuelle Force internationale de stabilisation (FIS). Il a précisé que certains pays souhaitent l’implication de la Turquie dans cette force car ils reconnaissent son rôle potentiel et sa capacité à obtenir un soutien plus large. Il a souligné la nécessité d’une implication du président américain Donald Trump et d’une « bonne discussion » avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans le cadre des efforts de paix au Moyen-Orient. Il a également dénoncé les violations quotidiennes du cessez-le-feu par Israël, qualifiant la situation de « indescriptible » et soulignant le risque d’un effondrement du processus de paix.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.