Face à une intensification des frappes russes sur ses infrastructures énergétiques, l’Ukraine a lancé un appel pressant aux pays du G7 pour obtenir un soutien renforcé en matière de défense aérienne. Cette demande intervient alors que Kiev anticipe un hiver particulièrement difficile et que des tensions émergent au sein de l’alliance occidentale.
Lors d’une réunion consacrée à la coopération en matière de défense au Canada, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a souligné l’urgence de la situation. « Nous avons besoin du soutien de nos partenaires », a-t-il déclaré, appelant à une pression accrue sur la Russie afin de « faire monter le prix de l’agression » et de la pousser à mettre fin au conflit.
Le Royaume-Uni a réagi rapidement en annonçant l’envoi de 13 millions de livres sterling (environ 14 millions d’euros) pour aider à réparer les infrastructures énergétiques ukrainiennes, notamment les réseaux d’électricité, de chauffage et d’eau, ainsi que pour fournir une aide humanitaire. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a affirmé que Vladimir Poutine cherchait à plonger l’Ukraine dans l’obscurité et le froid, mais que l’aide britannique contribuerait à maintenir les services essentiels.
Le Canada a également annoncé de nouvelles sanctions contre la Russie, ciblant 13 individus et 11 entités impliquées dans le développement et le déploiement du programme de drones de Moscou. « Ceux qui permettent la guerre en Russie en subiront les conséquences », a déclaré la ministre des Affaires étrangères Anita Anand.
Les États-Unis, représentés par le sénateur Marco Rubio, n’ont pas annoncé de nouvelles initiatives immédiates, mais ont exprimé leur détermination à travailler avec leurs partenaires pour renforcer la défense de l’Ukraine et trouver une issue au conflit. Rubio a déclaré sur les réseaux sociaux que la réunion avait porté sur les moyens de « renforcer la défense de l’Ukraine et de mettre fin à ce conflit sanglant ». Il a également réaffirmé l’engagement américain à encourager la Russie à privilégier la diplomatie et à s’engager directement avec l’Ukraine en vue d’une paix durable.
L’appel à l’aide de l’Ukraine coïncide avec une période de tensions croissantes au sein du G7. Des désaccords sont apparus entre les États-Unis et leurs alliés traditionnels, notamment le Canada, concernant les dépenses de défense, le commerce et l’incertitude entourant les propositions de cessez-le-feu de l’ancien président américain Donald Trump à Gaza.
Les relations de Trump avec le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy ont été marquées par des revirements et des changements de politique. Durant sa présidence, les transferts d’armes américaines vers l’Ukraine ont été irréguliers, et Trump a parfois suggéré que Kiev devrait céder des territoires occupés par la Russie en échange de la paix, avant de revenir sur ses positions. Zelensky a récemment exprimé le souhait de commander 25 systèmes de défense aérienne Patriot aux États-Unis.
La réunion du G7, qui s’est tenue à Niagara-on-the-Lake, dans le sud de l’Ontario, a rassemblé les ministres des Affaires étrangères du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon, ainsi que des représentants de l’Australie, du Brésil, de l’Inde, de l’Arabie saoudite, du Mexique, de la Corée du Sud, de l’Afrique du Sud et de l’Ukraine.
