Publié le 2024-02-29 14:35:00. La recherche sur la longévité s’intensifie, portée par l’espoir de non seulement vivre plus longtemps, mais aussi de conserver une qualité de vie optimale jusqu’à un âge avancé. Une protéine rénale, la klotho, suscite un intérêt croissant pour son rôle potentiel dans le ralentissement du vieillissement et la protection contre les maladies liées à l’âge.
- L’espérance de vie en Espagne dépasse les 83 ans, grâce notamment au régime méditerranéen et à un mode de vie actif.
- La protéine klotho, produite principalement par les reins et le cerveau, pourrait augmenter l’espérance de vie de 15 à 20 % chez les animaux.
- L’exercice physique régulier et une alimentation saine, limitant les aliments ultra-transformés, sont des facteurs clés pour stimuler la production de klotho.
La lutte contre le vieillissement biologique est devenue un domaine de recherche majeur, alimentant une littérature scientifique en constante expansion. Le nombre de publications scientifiques sur le thème de la longévité (longévité) sur PubMed, la base de données d’articles de recherche en sciences de la santé, témoigne de cet engouement croissant.
Cette effervescence s’explique par une prise de conscience accrue de l’importance de ne pas seulement allonger la durée de vie, mais aussi de préserver une bonne qualité de vie. L’objectif est d’atteindre un âge avancé en conservant une autonomie physique et une fonction cognitive intactes. Un défi sociétal majeur, alors que la science, la médecine préventive et l’intérêt pour les habitudes de vie saines progressent rapidement.
L’Espagne se distingue déjà par une espérance de vie élevée, dépassant les 83 ans, grâce à un ensemble de facteurs favorables tels que le régime méditerranéen, un système de santé performant et un mode de vie socialement actif. Cette situation reflète une tendance mondiale vers un vieillissement en bonne santé, qui attire l’attention des chercheurs, des professionnels de la santé et du grand public.
Klotho : une protéine prometteuse pour un vieillissement en bonne santé
Mais une solution pourrait-elle se trouver au niveau moléculaire ? Le docteur Borja Quiroga, néphrologue à l’Hôpital Universitaire de La Princesa à Madrid et auteur de l’ouvrage « Pour mes reins qu’aujourd’hui je mange bien » (Ed. Rosamerón), souligne l’existence d’une protéine capable de ralentir le processus de vieillissement et de protéger le cerveau et le cœur. Cette molécule, produite principalement par les reins, est la protéine klotho, qui suscite un intérêt grandissant dans la communauté scientifique en raison de son lien direct avec le vieillissement et la santé rénale.
Lors d’une récente interview avec la nutritionniste Angela Quintas dans le podcast « Comment mangez-vous ? », le spécialiste a mis en évidence le potentiel de cette protéine comme clé pour comprendre et traiter de nombreuses maladies liées à l’âge.
Des études ont démontré que l’augmentation des niveaux de klotho pouvait prolonger l’espérance de vie de 15 à 20 % chez les animaux, tout en améliorant leur santé physique et cognitive. La protéine agit comme un véritable bouclier biologique, protégeant contre la détérioration cellulaire et exerçant des fonctions antioxydantes, anti-inflammatoires et régulatrices du métabolisme du phosphore – des éléments essentiels pour ralentir les processus de vieillissement tels que la sarcopénie (perte de masse musculaire), l’ostéoporose et les troubles cognitifs.
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Limitez votre consommation de phosphore inorganique, abondant dans les additifs et les aliments ultra-transformés, car il réduit la quantité de klotho disponible.
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Adoptez une alimentation saine, privilégiant les aliments frais et évitant les excès d’aliments ultra-transformés.
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Contrôlez l’inflammation et le stress oxydatif grâce à une activité physique régulière et à un mode de vie sain, car l’inflammation et le stress oxydatif accélèrent la diminution naturelle de la klotho liée au vieillissement.
La protéine Klotho a été découverte à la fin des années 1990, après l’observation que des souris dépourvues de ce gène vieillissaient prématurément.
« Lorsque les niveaux de klotho diminuent, le stress oxydatif, l’inflammation et la détérioration du métabolisme phosphocalcique augmentent, des facteurs associés à la perte de la fonction rénale et au vieillissement systémique. »
Borja Quiroga, médecin spécialisé en nécrologie à l’Hôpital Universitaire de La Princesa (Madrid)
Produite principalement par les reins et le cerveau, la klotho est également présente dans d’autres tissus, suggérant un rôle plus large dans la régulation de l’équilibre corporel. Selon le docteur Quiroga, son action dépasse le simple fonctionnement rénal : elle influence le métabolisme de la vitamine D, la fonction cardiovasculaire, la protection neuronale et la sensibilité à l’insuline.
Exercice physique et aliments ultra-transformés : des facteurs déterminants
« La klotho diminue quand j’ai une maladie rénale, c’est pourquoi il est important de savoir si j’en suis atteint, et ce dans deux situations qui sont à la portée de tous. Premièrement, quand j’arrête de faire du sport et quand je recommence, je régénère la klotho. C’est accessible à tous. Je crois qu’en matière de sport, il faut essayer de faire entre 90 et 150 minutes d’exercices cardio par semaine. »
Borja Quiroga, médecin spécialisé en nécrologie à l’Hôpital Universitaire de La Princesa (Madrid)
Le spécialiste ajoute qu’une activité physique régulière, un régime anti-inflammatoire riche en fruits, légumes et oméga-3, et un repos suffisant peuvent aider à maintenir l’expression de la protéine. Il souligne que la personne qui consomme beaucoup d’aliments ultra-transformés vieillira beaucoup plus vite que celle qui en limite la consommation, et qu’une alimentation sans ces produits sera essentielle pour prévenir le vieillissement de l’organisme.
Bien qu’il n’existe pas encore de médicaments spécifiques pour augmenter directement la production de klotho, plusieurs équipes de recherche travaillent sur des thérapies qui imitent son effet. Le docteur Quiroga conclut que comprendre comment moduler la protéine klotho pourrait ouvrir la voie à une nouvelle forme de médecine préventive, visant non seulement à prolonger la vie, mais aussi à améliorer sa qualité.
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