Publié le 27 octobre 2023 14:35:00. Le Service national de santé britannique (NHS) expérimente un test sanguin rapide qui pourrait révolutionner le diagnostic d’infections graves chez les enfants, permettant une intervention plus rapide et une utilisation plus ciblée des antibiotiques.
- Un nouveau test sanguin de 15 minutes permet de distinguer rapidement les infections bactériennes des infections virales chez les enfants.
- L’essai clinique, mené dans trois hôpitaux britanniques, a déjà permis d’accélérer le traitement de la méningite et de la septicémie dans certains cas.
- Les experts estiment que ce test pourrait sauver des vies et contribuer à lutter contre la résistance aux antibiotiques.
Le NHS England teste actuellement une nouvelle technologie diagnostique dans trois services d’urgence pédiatriques : l’hôpital pour enfants Alder Hey à Liverpool, l’hôpital St Mary à Londres et l’hôpital pour enfants Great North à Newcastle. L’objectif est d’améliorer la rapidité et la précision du diagnostic des infections chez les enfants, en particulier celles qui peuvent être mortelles.
Traditionnellement, le diagnostic d’une infection nécessite des analyses sanguines classiques dont les résultats peuvent prendre plusieurs heures, impliquant une analyse en laboratoire. Ce nouveau test, développé par MeMed, offre une alternative beaucoup plus rapide. Il permet de déterminer en seulement 15 minutes si l’infection est d’origine bactérienne ou virale, guidant ainsi les médecins dans leur décision de prescrire ou non des antibiotiques.
Les premiers résultats de l’essai sont encourageants. Les médecins impliqués rapportent des cas concrets où le test a permis d’accélérer significativement la prise en charge des patients. Dans un cas, un enfant atteint de méningite à méningocoque a bénéficié d’un traitement plus rapide, et dans un autre, un patient atteint de septicémie a immédiatement reçu des antibiotiques.
« De nombreux enfants qui viennent à l’hôpital ont de la fièvre et ce test peut rapidement distinguer une maladie virale mineure comme un rhume ou une infection plus grave. »
Enitan Carrol, professeur d’infection pédiatrique à l’Université de Liverpool, responsable du projet
L’étude vise également à évaluer l’impact de ce test sur la prescription d’antibiotiques. L’utilisation excessive d’antibiotiques est un facteur majeur de développement de la résistance bactérienne, un problème de santé publique croissant. En permettant un diagnostic plus précis, le test pourrait contribuer à réduire l’utilisation inutile d’antibiotiques.
« Utiliser les antibiotiques de manière plus judicieuse – c’est-à-dire à la fois les refuser chez les personnes qui n’en bénéficieront pas et les administrer de toute urgence à ceux qui en ont le plus besoin – n’a jamais été aussi important. »
Ron Daniels, fondateur et médecin-chef du UK Sepsis Trust
Selon le UK Sepsis Trust, environ 500 enfants décèdent chaque année au Royaume-Uni d’infections où les soins auraient pu être améliorés. Dans 40 % de ces cas, les soins étaient jugés sous-optimaux. Le Dr Daniels souligne que ce test pourrait potentiellement sauver des dizaines de vies chaque année. Il ajoute que les infections graves et la septicémie représentent un défi majeur pour le NHS, et que la résistance aux antibiotiques affecte déjà des milliers de patients.
L’essai clinique, portant sur le test MeMed BV, se poursuivra jusqu’en mars 2024. Les chercheurs espèrent que les résultats confirmeront l’efficacité de ce nouveau test et qu’il pourra être rapidement déployé à plus grande échelle, améliorant ainsi les soins d’urgence pédiatriques et contribuant à la lutte contre la résistance aux antibiotiques.
Pour en savoir plus sur la septicémie, vous pouvez consulter le site du UK Sepsis Trust.
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