Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le nombre de coachs spécialisés dans l’équilibre hormonal est en forte augmentation aux Pays-Bas, témoignant d’un intérêt croissant des femmes pour une meilleure compréhension de leur corps et de leurs troubles. Cette tendance s’accompagne d’une prise de conscience plus large des problématiques de santé féminine, mais appelle à la vigilance quant au diagnostic et à la prise en charge.
- Le nombre de professionnels proposant des services de coaching ou de conseil en matière d’hormones a plus que doublé en quatre ans, passant de 98 en 2020 à 216 début 2024.
- De nombreuses femmes témoignent d’un long parcours avant de comprendre que leurs symptômes sont liés à un déséquilibre hormonal.
- Les médecins soulignent l’importance d’un diagnostic précis avant d’envisager un traitement ou de recourir à un accompagnement spécifique.
L’essor des « hormone coaches » est un phénomène récent qui reflète un changement de regard sur la santé des femmes. Simone van Poppel, installée à Nimègue, a elle-même été confrontée à des troubles hormonaux importants. Après avoir ressenti les effets d’un déséquilibre sur son humeur et ses relations familiales – ses enfants lui reprochaient régulièrement son irritabilité – elle a décidé de se former et de proposer ses services d’accompagnement.
« J’étais moi-même une femme qui souffrait beaucoup de ses hormones », explique-t-elle, évoquant le point de départ de sa nouvelle carrière.
Simone van Poppel, hormone coach
Elle décrit une période de grande confusion, où elle a d’abord pensé souffrir d’épuisement professionnel. « J’ai mis du temps à comprendre que c’était mes hormones qui créaient ce chaos », confie-t-elle. Forte de son expérience, elle souhaite aujourd’hui aider d’autres femmes à décrypter les signaux de leur corps et à retrouver un équilibre hormonal.
Cette prise de conscience croissante est également observée par les professionnels de la santé. Manon Kerkhof, gynécologue au centre médical Curilion, constate une augmentation de l’attention portée aux problématiques spécifiques aux femmes. « C’est une évolution très positive », se réjouit-elle, « et il est important que ces sujets soient abordés ouvertement. »
« Je pense que beaucoup de femmes ont souffert en silence pendant longtemps. L’attention et la reconnaissance actuelles sont essentielles. Souvent, on n’a pas assez écouté les femmes. »
Manon Kerkhof, gynécologue au centre Curilion
Cependant, la gynécologue met en garde contre les conclusions hâtives. Elle souligne l’importance de ne pas attribuer systématiquement tous les maux à un déséquilibre hormonal. « Notre rôle est de faire un pas en arrière : quels sont les symptômes précis ? Ensuite, nous réalisons des examens pour déterminer la cause réelle du problème. »
Elle insiste sur la nécessité d’un diagnostic précis avant d’envisager un traitement ou de recourir à un accompagnement spécifique. « Si un problème hormonal est identifié, nous pouvons le traiter. Mais il faut éviter de conclure trop rapidement que tous les symptômes sont liés aux hormones. » Elle recommande de consulter son médecin traitant pour obtenir un avis éclairé et explorer toutes les pistes possibles.
Simone van Poppel, quant à elle, continue d’organiser des rencontres informelles pour sensibiliser les femmes aux enjeux de l’équilibre hormonal. Elle se réjouit de l’augmentation du nombre de professionnels dans ce domaine et espère que cette tendance contribuera à un changement durable dans la perception de la santé féminine. « Il y a encore beaucoup de femmes qui ne comprennent pas ce qui se passe dans leur corps », conclut-elle, « et je suis heureuse de pouvoir apporter ma contribution. »