Publié le 8 décembre 2025 à 22h27. Un nouveau plan républicain pourrait entraîner une hausse significative des primes d’assurance santé pour des millions d’Américains, en modifiant les subventions mises en place pendant la pandémie de Covid-19.
- Le sénateur Bernie Moreno a co-introduit une loi visant à prolonger les crédits d’impôt sur les primes de l’Affordable Care Act (ACA), tout en introduisant un délai de deux ans pour abandonner les aides financières exceptionnelles mises en place pendant la crise sanitaire.
- Ce plan supprimerait progressivement les subventions pour les ménages à revenus élevés et imposerait un paiement mensuel minimum de 25 $ (environ 23 €) pour éviter les fraudes et les abus.
- Des experts estiment que cette proposition est davantage une manœuvre politique qu’un véritable projet de réforme des soins de santé, susceptible d’augmenter les coûts pour de nombreux Américains.
Les Républicains cherchent à remodeler le système d’assurance santé mis en place par l’administration Obama, en remettant en question les subventions massives accordées pendant la pandémie. Le sénateur de l’Ohio, Bernie Moreno, à l’origine de cette initiative, affirme vouloir soulager le fardeau financier des Américains, mais les critiques craignent l’effet inverse.
Pendant la pandémie de Covid-19, le Congrès, alors dominé par les Démocrates, avait voté des crédits d’impôt renforcés dans le cadre de l’Affordable Care Act (ACA), permettant à 24 millions d’Américains de bénéficier d’une couverture santé en 2025. La majorité de ces personnes bénéficient d’une aide significative, réduisant souvent leur prime mensuelle à zéro ou à un montant très faible.
La loi CARE (Consumer Affordability and Responsibility Enhancement), co-introduite par le sénateur Moreno, prévoit une extension des crédits d’impôt sur les primes de l’ACA, mais avec des conditions plus strictes. Elle donnerait aux Américains un délai de deux ans pour s’adapter à la fin des aides exceptionnelles mises en place pendant la pandémie. De plus, elle supprimerait progressivement les subventions pour les ménages dont le revenu dépasse 200 000 $ (environ 185 000 €). Un paiement mensuel minimum de 25 $ serait également exigé pour limiter les abus potentiels liés aux primes nulles.
Les détracteurs de ce plan soulignent qu’il pourrait entraîner une augmentation significative des primes pour de nombreux Américains, en particulier ceux qui dépendent fortement des subventions actuelles. Michael Ryan, expert financier et fondateur de MichaelRyanMoney.com, estime que cette proposition est davantage une stratégie politique qu’une véritable solution aux problèmes d’accessibilité aux soins de santé.
« Ce que les Républicains proposent est moins un projet détaillé de soins de santé qu’une démarche politique visant à laisser expirer les subventions améliorées d’Obamacare. Ce qui augmenterait considérablement les primes pour les millions de personnes qui achètent une couverture sur les bourses de l’ACA. »
Michael Ryan, expert financier et fondateur de MichaelRyanMoney.com
Susan Collins, présidente du Comité sénatorial des crédits, a défendu le plan, soulignant la nécessité de trouver des solutions pragmatiques pour réduire le coût des soins de santé sans perturber la couverture existante. Elle a déclaré que la loi aiderait à éviter des augmentations de primes inabordables pour de nombreuses familles.
« Les familles du Maine et de tout le pays sont aux prises avec le coût élevé des soins de santé, et nous devons rechercher des solutions pratiques qui augmentent l’abordabilité sans créer de perturbations soudaines de la couverture. »
Susan Collins, présidente du Comité sénatorial des crédits
D’autres experts, comme Alex Beene, professeur de littératie financière à l’Université du Tennessee à Martin, soulignent que cette proposition est le signe d’une prise de conscience croissante au sein du Parti républicain de l’impact de la fin des crédits d’impôt de l’ACA.
Kevin Thompson, PDG de 9i Capital Group, a déclaré à Newsweek que les chances d’adoption de ce plan par le Congrès sont minces, compte tenu de la polarisation politique actuelle et du manque de soutien bipartite.
« Sans un remplacement clair ou une adhésion bipartite, ce plan ressemble plus à de la politique habituelle qu’à une voie à suivre réaliste. »
Kevin Thompson, PDG de 9i Capital Group
L’avenir de ce plan reste incertain, et il est probable que les débats sur l’avenir de l’assurance santé aux États-Unis se poursuivront dans les mois à venir.
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