L’avenir de l’assurance santé aux États-Unis est incertain alors que des crédits d’impôt temporaires, mis en place pour réduire le coût des primes, arrivent à échéance. Sans prolongation, 22 millions d’Américains pourraient voir leurs primes mensuelles augmenter considérablement, en moyenne de 114 %, soit plus de 1 016 $ (environ 930 €) par personne.
Les démocrates se mobilisent pour maintenir ces aides financières, et un vote sur une proposition de prolongation est prévu en décembre. Des négociations bipartisanes sont également en cours, envisageant une extension de deux ans, mais assortie de conditions telles qu’un plafond de revenus pour les bénéficiaires et des mesures pour lutter contre les fraudes.
Du côté républicain, des voix s’élèvent pour une refonte complète du système. L’ancien président Donald Trump a récemment exprimé son souhait de renvoyer directement l’argent aux citoyens, excluant les compagnies d’assurance : « Le seul système de santé que je soutiendrai ou approuverai est de renvoyer l’argent directement au peuple, sans que rien ne aille aux grosses et riches compagnies d’assurance, qui ont gagné des milliards de dollars et arraché l’Amérique assez longtemps. Les gens seront autorisés à négocier et à acheter leur propre assurance, bien meilleure. » Il est important de noter que les crédits d’impôt actuels ne sont pas versés aux assureurs, mais directement aux particuliers pour les aider à payer leurs primes.
Parmi les propositions républicaines, celle du sénateur Rick Scott de Floride est particulièrement ambitieuse. Elle prévoit l’expiration des crédits d’impôt améliorés, mais maintient le niveau d’aide financière initial prévu par la loi sur les soins abordables (ACA). Les États pourraient alors demander à remplacer ces crédits par des contributions à des comptes de santé similaires aux comptes d’épargne santé (HSA), baptisés « comptes Trump Health Freedom ». Ces comptes pourraient servir à couvrir les frais médicaux directs ou les primes d’assurance, contrairement aux HSA traditionnels.
Cette proposition soulève des inquiétudes quant à la stabilité du marché de l’assurance. Les comptes Scott pourraient être utilisés pour souscrire des plans d’assurance à court terme, qui ne sont pas tenus de couvrir les conditions préexistantes, ou pour renoncer à certaines prestations obligatoires de l’ACA. Les experts craignent que cela n’entraîne une « spirale de la mort » pour les plans ACA, avec une augmentation des primes pour les personnes souffrant de maladies chroniques et un désengagement des assureurs.
Le sénateur Bill Cassidy de Louisiane propose une alternative plus modérée. Il suggère de convertir la valeur des crédits d’impôt améliorés en contributions aux HSA, mais uniquement pour les personnes souscrivant un plan ACA de niveau bronze. Ces contributions ne pourraient pas être utilisées pour payer les primes, ce qui entraînerait une augmentation significative des coûts pour les assurés une fois les crédits d’impôt expirés. Cependant, les cotisations HSA pourraient aider à couvrir les franchises et les quotes-parts.
La proposition Cassidy présente également des limites. Les personnes à faible revenu pourraient bénéficier d’un plan bronze sans paiement de prime mensuelle, mais les plus modestes, qui bénéficient actuellement de réductions de partage des coûts, pourraient être pénalisées. De plus, les personnes dont les revenus dépassent un certain seuil pourraient ne pas être éligibles aux cotisations HSA.
En résumé, les propositions des sénateurs Scott et Cassidy, bien que différentes, impliquent toutes deux des compromis. Elles pourraient bénéficier aux personnes en bonne santé, mais risquent d’aggraver la situation des personnes souffrant de problèmes de santé coûteux. Le débat sur l’avenir de l’assurance santé aux États-Unis reste donc ouvert.
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