Le parlement de Saxe-Anhalt a prolongé l’état d’urgence lié à la pandémie de Covid-19 jusqu’en 2026, autorisant ainsi la poursuite du financement de projets via un fonds spécial de près de deux milliards d’euros. Cette décision, adoptée malgré une forte opposition, vise à consolider les investissements dans la numérisation et la modernisation des infrastructures.
Lors d’un vote par appel nominal, 51 députés se sont prononcés en faveur de la prolongation, contre 31 voix défavorables et 15 abstentions, a annoncé le vice-président du parlement, Wulf Gallert. Cette mesure permettra de continuer à financer des projets dans des domaines clés tels que l’éducation, la santé et l’administration publique.
Le ministre des Finances, Michael Richter (CDU), a justifié cette décision en soulignant la nécessité de maintenir une capacité de réaction face aux conséquences persistantes de la crise sanitaire. Selon le politicien de la CDU, Stefan Ruland, il s’agit d’une question d’avenir pour le Land : « Surmonter une crise comme celle-ci ne s’arrête pas au dernier confinement. » Il a insisté sur l’importance de la résilience dans la gestion des crises.
Les partenaires de la coalition, le SPD et le FDP, ont également soutenu la prolongation. Le député FDP, Jörg Bernstein, a déclaré : « La résilience face à une pandémie n’est pas un projet à court terme. » Cependant, le député Konstantin Pott, également du FDP, a voté contre, tandis que le représentant du SPD, Andreas Schmidt, a souligné que sans cette prolongation, les initiatives déjà lancées risqueraient de se heurter à des difficultés de financement.
L’opposition s’est élevée contre cette décision. Jan Moldenhauer, de l’AfD, a dénoncé une « catastrophe en matière de politique financière ». Olaf Meister, des Verts, a qualifié la situation de « véritable satire », critiquant l’idée de justifier des dépenses en invoquant la numérisation comme un « dommage pandémique ». Kristin Heiß, de la gauche, a également exprimé son désaccord, soulignant que l’état d’urgence pandémique n’était plus justifié en 2026 et que seulement un peu moins d’un milliard d’euros sur les deux milliards alloués avaient été dépensés, ce qui témoigne, selon elle, d’une mauvaise planification et gestion.
Par ailleurs, le parlement a approuvé la création d’un fonds spécial pour les infrastructures, financé par la Confédération. Ce fonds, doté d’environ 2,61 milliards d’euros, dont 60 % seront versés aux communes, permettra d’investir dans les routes, les ponts, les écoles et le développement des infrastructures numériques. Près de 98 millions d’euros seront alloués à la recherche scientifique et à la gestion moderne de l’eau, selon le ministère de l’Environnement.
