Publié le 21 décembre 2025 à 06h43. Le gouvernement argentin concentre ses efforts sur l’adoption rapide du budget 2026 avant la fin de l’année, une étape cruciale pour éviter une crise financière liée à une dette imminente et rassurer les marchés.
- Le gouvernement cherche à adopter le budget sans modifications majeures, notamment en évitant de rouvrir le débat sur le chapitre XI, qui concerne le financement des universités et des services aux personnes handicapées.
- L’approbation du budget est essentielle pour permettre à l’exécutif de contracter de nouvelles dettes, à hauteur de 288,7 milliards de pesos (environ 202,89 milliards de dollars américains).
- Des tensions persistent avec les alliés politiques, notamment l’UCR, qui conditionnent leur soutien à la préservation du budget tel qu’il a été voté par la Chambre des députés.
Buenos Aires – L’administration du président Javier Milei s’efforce de finaliser l’adoption du budget 2026 avant le 31 décembre, une priorité absolue pour éviter de nouvelles complications financières. L’enjeu est de taille : 4,2 milliards de dollars de dette arrivent à échéance le 9 janvier prochain. Le gouvernement mise sur une approbation rapide au Sénat, sans modifications susceptibles de renvoyer le projet à la Chambre des députés et de compromettre le calendrier.
La stratégie consiste à maintenir le texte budgétaire tel qu’il a été adopté par les députés, malgré la controverse suscitée par l’abrogation du chapitre XI. Ce chapitre, supprimé lors du vote à la Chambre, concernait le financement des universités et des services destinés aux personnes handicapées. L’exécutif compte compenser l’impact fiscal de cette suppression par des mesures administratives ou, le cas échéant, par des projets de loi correctifs.
Le ministre de l’Économie, Luis Caputo, est particulièrement soucieux de l’approbation rapide du budget. La demi-sanction permettrait à l’exécutif de contracter une dette publique et d’augmenter ses passifs pour un montant de 288,7 milliards de pesos, ce qui équivaut à environ 202,89 milliards de dollars américains, selon le taux de change moyen prévu dans le projet de loi (1 423 pesos pour un dollar).
La chef du bloc libertaire au Sénat, Patricia Bullrich, a souligné l’importance de respecter l’équilibre budgétaire.
« Nous avons une règle d’or, c’est l’excédent budgétaire, il va falloir s’accommoder pour ne pas tomber dans le déficit, ça sera fixé mais ce ne sera pas à travers ce budget, mais à travers d’autres instruments. »
Patricia Bullrich, chef du bloc libertaire
Elle a également insisté sur la nécessité d’éviter toute modification du texte, qui nécessiterait un retour à la Chambre des députés, avec un délai très court pour une nouvelle discussion.
Le parti au pouvoir a convoqué une séance plénière au Sénat le 26 décembre, dans l’espoir d’obtenir l’approbation finale du budget le même jour. Cependant, la situation reste fragile, car le gouvernement ne dispose pas de sa propre majorité au Sénat et doit compter sur le soutien de ses alliés.
L’UCR, un parti allié, a déjà averti qu’il ne voterait pas le budget si le gouvernement insistait pour réintroduire le chapitre XI.
« La seule manière pour que cela sorte aujourd’hui (la loi de finances) sera telle qu’elle est venue des députés. Le gouvernement devra trouver les mécanismes pour résoudre ce qui s’est passé avec le chapitre XI. »
Eduardo Vischi, président du tribunal de l’UCR
Cette position renforce la pression sur le gouvernement pour qu’il maintienne le texte actuel.
L’opposition, notamment le bloc Unión por la Patria, se prépare également à contester certains articles du budget, notamment ceux qui réduisent les financements pour l’éducation, la science, la technologie et la défense nationale.
À la Chambre des députés, Martín Menem, le président, a ordonné à ses collaborateurs de se tenir prêts à retourner à Buenos Aires en urgence si le Sénat modifie le projet de loi. Une telle issue serait perçue comme un revers majeur pour le gouvernement, après la perte du chapitre XI lors du vote initial.
Le ministère de l’Économie doit maintenant trouver des solutions pour compenser la perte des financements prévus dans le chapitre XI. Luis Caputo s’est réuni vendredi dernier avec Jorge Macri, le chef du gouvernement de Buenos Aires, pour discuter de la situation après que l’article concernant la co-participation de la ville ait été supprimé. Le bloc Pro, allié clé du gouvernement au Congrès, est impliqué dans ces discussions.
Les détracteurs du gouvernement soulignent que la suppression du chapitre XI est le résultat d’une erreur de calcul politique. Ils estiment que l’insistance pour inclure cette mesure dans le budget était une erreur qui a conduit à une défaite parlementaire.
En parallèle, le gouvernement a dû renoncer à son objectif d’adopter une demi-sanction pour le projet de modernisation du travail avant la fin de l’année. L’absence d’un budget approuvé rend difficile la mobilisation du soutien nécessaire pour une réforme aussi complexe et sensible.
Malgré ces difficultés, Patricia Bullrich reste optimiste quant à l’approbation du projet de loi. Elle prévoit de le présenter au Sénat le 11 février, après avoir convoqué des sessions extraordinaires par le président Milei. Les négociations avec les alliés politiques débuteront à la mi-janvier. Bullrich a reconnu qu’il faudra probablement accepter des modifications au texte pour obtenir le soutien nécessaire, consciente qu’il est illusoire d’approuver une loi sans compromis dans une situation de minorité parlementaire.
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