Publié le 27 octobre 2025 10:27:00. Lors du Sommet de l’Asie de l’Est à Kuala Lumpur, le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a dénoncé avec fermeté les revendications chinoises sur le récif de Scarborough, réaffirmant la souveraineté des Philippines sur cette zone maritime contestée.
- Le président Marcos a protesté contre la création unilatérale par la Chine d’une « réserve naturelle nationale » dans le récif de Scarborough.
- Il a réaffirmé que le récif de Scarborough fait partie intégrante du territoire philippin et que Manille exerce une pleine souveraineté et juridiction sur cette zone.
- Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a souligné la nécessité de résoudre les différends en mer de Chine méridionale au sein de l’ASEAN et avec ses partenaires régionaux.
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a exprimé sa vive préoccupation face à la récente déclaration de la Chine instaurant une « réserve naturelle nationale » dans le récif de Scarborough, également connu sous le nom de Bajo de Masinloc. Cette protestation a été formulée lors du 20e Sommet de l’Asie de l’Est (EAS) qui se tient à Kuala Lumpur, en Malaisie.
Dans son allocution, le président Marcos a souligné que le récif de Scarborough est une partie inaliénable des Philippines depuis des temps immémoriaux, et que son pays y exerce pleinement sa souveraineté et sa juridiction. Il a insisté sur le droit souverain des Philippines d’établir des zones de protection environnementale dans ses eaux territoriales.
« Tout récemment, notre voisin du nord a déclaré une soi-disant ‘réserve naturelle nationale’ dans le Bajo de Masinloc ou Scarborough Shoal. Nous avons fermement protesté contre une telle déclaration. »
Ferdinand R. Marcos Jr., président des Philippines
La création de cette « réserve naturelle », selon le président Marcos, constitue une violation de la souveraineté philippine, porte atteinte aux droits traditionnels de pêche des pêcheurs philippins et contrevient au droit international, notamment à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982 et à la sentence arbitrale de 2016 concernant la mer de Chine méridionale.
Manille entend continuer à défendre sa souveraineté, ses droits et sa juridiction, tout en s’engageant à gérer les différends avec les autres États riverains de manière constructive. Le président Marcos a mis en avant l’importance de la diplomatie et du dialogue pour désamorcer les tensions et prévenir les conflits dans la région.
Le Sommet de l’Asie de l’Est, qui s’inscrit dans le cadre du 47e Sommet de l’ASEAN et des réunions connexes, est une plateforme essentielle pour les dirigeants de la région Asie-Pacifique afin de discuter des enjeux politiques et stratégiques majeurs. Le Premier ministre chinois Li Qiang représente la Chine à ces réunions.
L’EAS regroupe les 11 États membres de l’ASEAN ainsi que ses partenaires de dialogue, notamment l’Australie, la Chine, l’Inde, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la République de Corée, la Fédération de Russie et les États-Unis.
Le président Marcos a souligné la nécessité d’un dialogue accru, à travers des forums tels que l’EAS, pour relever les défis émergents auxquels la région est confrontée. Il a appelé à des efforts sincères en faveur d’une diplomatie constructive, associés à la retenue, à la désescalade et au respect du droit international.
« Il est urgent de déployer des efforts sincères en faveur d’une diplomatie constructive, associés à la retenue, à la désescalade et au respect du droit international. »
Ferdinand R. Marcos Jr., président des Philippines
Dans son discours d’ouverture, le président de l’ASEAN et Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a insisté sur la nécessité de résoudre la question de la mer de Chine méridionale au sein de l’ASEAN et avec ses partenaires régionaux, afin d’éviter toute ingérence extérieure.
« [A]Comme c’est le cas pour tous les problèmes, nous voulons qu’ils soient résolus au sein de l’ASEAN et de l’ASEAN avec nos partenaires de la région. [sic] Parce que dès que cela semble imposé et dicté par des forces extérieures, les choses deviennent plus problématiques et plus tendues. »
Anwar Ibrahim, Premier ministre malaisien et président de l’ASEAN
Le bloc de l’ASEAN exhorte toutes les parties impliquées dans les négociations concernant le Code de conduite (COC) en mer de Chine méridionale à reconnaître pleinement les principes du droit international, en particulier la CNUDM.
Lors du sommet ASEAN-Inde du 26 octobre, le président Marcos a également plaidé pour une coopération renforcée en matière d’État de droit et de résolution pacifique des différends maritimes. Il a souligné l’importance de la coopération maritime pour la paix et la prospérité de la région indo-pacifique.
« L’ASEAN et l’Inde devraient considérer le règlement pacifique des différends et la coopération maritime comme essentiels, car nos mers contribuent à la paix et à la prospérité de la région indo-pacifique. »
Ferdinand R. Marcos Jr., président des Philippines
Le président Marcos a exprimé sa gratitude pour le soutien constant de l’Inde au droit international et à l’État de droit en matière maritime. Les Philippines, qui assureront la présidence de l’ASEAN l’année prochaine, prévoient d’organiser des activités pour célébrer l’Année de la coopération maritime ASEAN-Inde en 2026, notamment des exercices maritimes visant à promouvoir la liberté et la sécurité de la navigation.
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