L’intensification de la pression américaine sur le Venezuela, marquée par l’arrestation de Nicolas Maduro et le renforcement du blocus pétrolier, a entraîné une accumulation spectaculaire de pétrole vénézuélien en mer. Le volume de pétrole à bord des pétroliers a bondi de près de 10 millions de barils en une semaine, atteignant plus de 29 millions de barils, selon les données de surveillance maritime de Kpler.
L’arrestation de Nicolas Maduro, opéré par les forces américaines le week-end dernier et son extradition vers New York pour des accusations liées au trafic de drogue, s’inscrit dans une stratégie visant à obtenir un « accès total » aux ressources pétrolières du Venezuela, selon l’administration Trump. Washington a par ailleurs renforcé son soutien aux autorités vénézuéliennes dans cette optique.
Les États-Unis maintiennent un blocus pétrolier au Venezuela, pays détenant les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde. Ce blocus se traduit par la surveillance et la saisie de pétroliers sanctionnés, une politique qui s’est récemment intensifiée avec la capture d’un pétrolier battant pavillon russe dans l’Atlantique Nord. Cette opération, qui a suivi une poursuite dramatique au large des eaux vénézuéliennes, marque une escalade significative dans l’application du blocus américain.
Le pétrolier russe avait initialement dévié de sa route prévue au Venezuela fin décembre, se dirigeant vers l’Atlantique pour échapper à la surveillance américaine. Cette accumulation de pétrole en mer est une conséquence directe du blocus et de la pression accrue sur les exportations parallèles du Venezuela. Selon Kpler, l’augmentation du volume est particulièrement visible dans les eaux asiatiques.
La Chine, un acheteur clé du pétrole vénézuélien ces dernières années, semble reconsidérer ses achats. La décote du brut vénézuélien Merey, qui est passée de 15 dollars le baril le mois dernier à 13 dollars aujourd’hui, a incité les acheteurs chinois à réduire leur consommation, selon des sources anonymes citées par Bloomberg.
Bien que les États-Unis aient affirmé qu’ils ne priveraient pas la Chine de son approvisionnement en pétrole vénézuélien, les raffineurs chinois indépendants anticipent une diminution significative de leur approvisionnement. « Les raffineries chinoises se préparent déjà à la possibilité que les barils actuellement en transit soient les derniers », a déclaré Muyu Xu, analyste principal du pétrole brut chez Kpler.