Publié le 24 septembre 2025 14:32:00. La croissance économique irlandaise a connu un léger ralentissement au troisième trimestre 2025, principalement en raison d’un repli de l’activité des multinationales, selon les premières estimations du Bureau central des statistiques (CSO).
- Le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 0,1 % entre juillet et septembre par rapport au trimestre précédent.
- Cette baisse fait suite à une forte croissance de 7 % au premier trimestre, stimulée par des anticipations de droits de douane américains sur les produits pharmaceutiques.
- Les experts soulignent la volatilité du PIB irlandais, fortement influencé par le secteur multinational, et recommandent de la prudence dans l’interprétation de ces chiffres.
Selon les données préliminaires du CSO, le PIB irlandais a enregistré une contraction de 0,1 % au troisième trimestre 2025. Le Bureau central des statistiques attribue ce ralentissement à une diminution de l’activité dans le secteur des multinationales. Cette baisse intervient après une période de forte croissance au début de l’année, avec une augmentation de 7 % du PIB au premier trimestre. Cette progression était en grande partie due à une augmentation des exportations, notamment dans le secteur pharmaceutique, où les entreprises cherchaient à anticiper l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane aux États-Unis.
Kieran Culhane, statisticien principal au CSO, a toutefois nuancé cette situation, soulignant que l’économie irlandaise restait globalement stable.
« La situation est plutôt stable, car l’activité reste soutenue dans les secteurs de l’information, des communications et des technologies. »
Kieran Culhane, statisticien principal du CSO
Il a également précisé que le PIB a augmenté de 10,5 % par rapport au troisième trimestre 2024. M. Culhane a cependant appelé à la prudence quant à l’interprétation de ces chiffres préliminaires, susceptibles d’être révisés.
Le gouvernement irlandais met régulièrement en garde contre l’utilisation du PIB comme indicateur fiable de la croissance économique, en raison de sa sensibilité aux fluctuations de l’activité des multinationales. La Demande Intérieure Modifiée (DIM), une mesure privilégiée par les autorités, n’est pas encore disponible dans les premières estimations du CSO.
Loretta O’Sullivan, économiste en chef d’EY Irlande, a commenté ces chiffres en soulignant leur volatilité et la probabilité de révisions ultérieures.
« La faiblesse des chiffres trimestriels reflète un ralentissement du secteur industriel dominé par les multinationales et n’est pas une grande surprise. »
Loretta O’Sullivan, économiste en chef d’EY Irlande
Elle a ajouté que le ralentissement observé était conforme aux attentes, après le coup de pouce apporté par les mesures prises par les entreprises pharmaceutiques pour anticiper les droits de douane américains. Elle a également souligné la bonne tenue de la consommation intérieure, comme en témoignent les données récentes sur les ventes au détail en septembre.

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