Les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) conditionnent la poursuite des négociations de paix avec Ankara à des avancées concrètes, notamment la libération de leur chef historique, Abdullah Öcalan, incarcéré depuis 1999. Un commandant du PKK a affirmé que la balle était désormais dans le camp de la Turquie, après avoir estimé que le groupe armé avait rempli ses engagements initiaux.
« Nous avons fait ce qu’on nous a demandé, c’est maintenant à l’État turc de prendre des mesures et de faire les prochains pas », a déclaré Amed Malazgirt, un commandant du PKK, lors d’une rencontre samedi dans les montagnes du Kurdistan irakien. Il a salué la création d’une commission transpartisane au sein du Parlement turc, la qualifiant de « geste positif », mais a insisté sur le fait qu’elle ne suffisait pas.
La libération d’Abdullah Öcalan, surnommé « Apo » par ses partisans, est présentée comme une condition sine qua non à la réussite du processus de paix. « Sans la libération du leader Apo, le processus ne réussira pas », a martelé Malazgirt, ajoutant que la reconnaissance constitutionnelle du peuple kurde en Turquie est également une exigence fondamentale.
Le PKK a tenu à clarifier sa position concernant le désarmement, suite à une opération symbolique en juillet au cours de laquelle une trentaine de combattants ont détruit leurs armes. « L’État turc a promu le récit selon lequel nous avions été appelés à déposer les armes, alors que nous nous sommes engagés à ne pas les utiliser contre l’État turc. Il y a une différence », a précisé le commandant, soulignant que le groupe armé n’a pas utilisé les armes contre la Turquie depuis cet engagement.
Un autre commandant, Serdar Mazlum Gabar, a dénoncé les conditions de détention d’Öcalan sur l’île-prison d’Imrali, au large d’Istanbul, les qualifiant de « système de torture ». Il a plaidé pour la reconnaissance du « droit à l’espoir » et la « liberté totale » de son chef, envisageant dans un premier temps une assignation à résidence pour garantir sa protection.
Le gouvernement turc est engagé dans un processus de paix avec le PKK depuis l’automne 2024, après quatre décennies de conflit qui ont fait plus de 50 000 morts. Une délégation de la commission parlementaire chargée du processus de paix a rendu visite à Abdullah Öcalan le 24 novembre, marquant une première étape importante dans les négociations.
