Fixé à 22 950 euros depuis janvier 2013, le plafond du Livret A passera entre 25 000 et 30 000 euros au 1er février 2027, ainsi que l’a annoncé le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Le financement des investissements publics et du nucléaire
D’après les services de Matignon, cette augmentation vise à doter la Caisse des Dépôts de nouveaux moyens pour financer le logement social, le nouveau nucléaire ou l’adaptation au changement climatique
, des chantiers présentés comme des enjeux de souveraineté.
Les sommes collectées doivent servir à la rénovation des lycées et collèges.
Elles serviront également à la modernisation des infrastructures des services publics, incluant la production et les réseaux d’électricité, la rénovation des réseaux d’eau, la redynamisation des centres-villes, les réseaux de chaleur et les transports propres.
Du côté de Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise a fustigé un projet destiné à la ruineuse et hasardeuse filière du nouveau nucléaire et ses EPR invalides, jugeant le projet irréel même pour les partisans du nucléaire.

Des gains potentiels pour les épargnants face aux critiques bancaires
Environ 15 % des Livrets A ouverts en France sont au plafond de 22 950 euros. Les banques pointent en outre que cette mesure va détourner l’épargne des Français, selon Presse-citron.
Selon Notre Temps, la révision du plafond s’accompagnera d’une hausse du taux de rémunération, actuellement établi à 1,7 % depuis le mois d’août, et qui pourrait remonter à 2,6 % en février prochain en raison de la forte inflation attendue pour l’année 2026.
Les gains annuels varient selon les hypothèses de taux et de plafonds :
| Capital placé | Intérêts annuels à 1,7% | Intérêts annuels à 2,6% | Gain annuel lié au passage de 1,7% à 2,6% |
|---|---|---|---|
| 22 950€ | 390,15€ | 596,70€ | +206,55€ |
| 25 000€ | 425,00€ | 650,00€ | +225,00€ |
| 30 000€ | 510,00€ | 780,00€ | +270,00€ |
Emmanuel Cugny a reçu Nathalie Chusseau, membre du Cercle des économistes, professeure à l’université de Lille et chercheure associée à la Chaire Transitions démographiques, Transitions économiques de la Fondation du risque.
Benjamin Recouvreur a également reçu Marc-Olivier Padis, directeur des études du groupe de réflexion Terra Nova, pour débattre de ces orientations.
Interrogé par Maël Laurent, Jean-Jacques Manceau a rappelé que cette hausse profite principalement aux ménages disposant d’une épargne importante, un point également souligné par l’économiste Philippe Crevel.
Du côté de Bercy, on indique que la Caisse des Dépôts est favorable à cette hausse pour répondre aux besoins de financement des infrastructures publiques face au changement climatique.
Invité sur RMC, Mounir Laggoune est président et cofondateur de Finary.
Il rappelle que le Livret A doit avant tout constituer une réserve d’urgence et un placement de précaution.

Il souligne qu’il ne s’agit pas nécessairement du support idéal pour faire fructifier un patrimoine sur le long terme face à l’inflation.
Le total des encours sur les livrets A s’élevait à 442,7 milliards d’euros fin septembre, ou 607 milliards d’euros selon d’autres estimations de l’épargne globale sur ces livrets.
Les banques et le ministère de l’Économie ont exprimé des réserves face à cette orientation. La décision finale demeure suspendue aux arbitrages du ministère de l’Économie et à la parution d’un décret.
Le sujet du fléchage de l’épargne réglementée reste un serpent de mer récurrent du débat public, mêlant enjeux de souveraineté budgétaire et défense du pouvoir d’achat.
Les discussions se poursuivent entre Matignon, Bercy et les différents opérateurs financiers avant l’entrée en vigueur de la mesure au 1er février.