Le pape Léon XIV a appelé samedi les populations d’Amérique du Sud à surmonter leurs divisions nationales lors d’un rassemblement à la frontière entre l’Uruguay et l’Argentine. Ce déplacement marque le début d’une tournée continentale de 12 jours pour le souverain pontife, âgé de 71 ans, qui voyage malgré une récente intervention chirurgicale pulmonaire.
Un périple transfrontalier sous la pluie
Le pontife a parcouru 378 km entre Montevideo et Paysandú, un centre économique situé sur les rives du fleuve. Des dizaines de milliers de fidèles l’attendaient malgré une pluie battante. Dans son allocution, le premier pape originaire des États-Unis a exhorté les habitants de la région à agir avec « justice, honnêteté et loyauté » les uns envers les autres. Il a précisé que son voyage visait à confirmer la foi des chrétiens tout en rendant un hommage joyeux à son prédécesseur, le pape François.
Un retour aux sources pour Léon XIV
Le Vatican présente ce voyage comme un « retour aux sources » pour Léon XIV, missionnaire pendant plusieurs décennies au Pérou, pays dont il détient la nationalité. L’expert américain Christopher White, auteur d’un ouvrage sur le pontife, analyse ce déplacement comme un double retour aux racines. À Buenos Aires, l’impatience est palpable, avec des préparatifs urbains intensifs. Le père Alejandro Russo, administrateur de la cathédrale de Buenos Aires, a affirmé que si le pape François était vivant, il inviterait ses compatriotes à accueillir Léon XIV avec « des bras ouverts et des cœurs ouverts ».
Priorités sociales et contrastes uruguayens
À Montevideo, le souverain pontife s’est concentré sur des enjeux sociaux critiques. Son agenda inclut la visite du quartier de Casavalle, marqué par une grande pauvreté et une violence extrême, ainsi qu’une veillée de prière qui devrait rassembler quelque 60 000 jeunes à Montevideo. Pour Mariano Méndez, 36 ans, venu de Buenos Aires, cette visite insuffle une « énergie positive ».
Défis diplomatiques et état de santé
Dimanche, Léon XIV rencontrera le président argentin Javier Milei. Le climat politique reste tendu : le dirigeant libertarien, proche allié de Donald Trump, avait vivement critiqué le pape plus tôt cette année après que celui-ci eut dénoncé la guerre contre l’Iran. Le voyage se poursuivra jusqu’au 17 novembre, incluant des étapes au Pérou à Cuzco, en forêt amazonienne et dans l’ancien diocèse du pape à Chiclayo. Sur le plan médical, après l’ablation d’un nodule cancéreux il y a moins d’un mois, le pape a assuré aux journalistes être « in fairly good shape ». Il a encouragé ceux faisant face à un diagnostic similaire à « ne pas avoir peur », affirmant apporter un message d’espoir au continent le plus catholique du monde.
