Publié le 29 octobre 2025 à 00:43:00. Le gouvernement portugais, fragilisé par l’absence de majorité absolue, a conclu un accord avec le parti d’extrême droite Chega pour durcir la législation sur la nationalité, renforçant les conditions d’accès au passeport portugais et ouvrant la voie à une politique migratoire plus restrictive.
- Le nouveau texte de loi complexifie l’obtention de la nationalité pour les enfants de migrants nés au Portugal et met fin au régime spécifique pour les descendants de Juifs séfarades.
- Les exigences en matière de résidence légale pour les adultes souhaitant obtenir la citoyenneté sont allongées, passant de cinq à sept ou dix ans selon l’origine.
- Le gouvernement envisage une nouvelle loi visant à faciliter les expulsions, tandis que le Parlement a approuvé une proposition permettant la révocation de la nationalité en cas de crimes graves.
Cet accord, qui n’a pas surpris les observateurs, intervient après la réélection de Luis Montenegro et reflète l’influence croissante de Chega sur la politique portugaise. Le parti d’extrême droite, devenu la deuxième force politique du pays, a fait de la lutte contre l’immigration une de ses priorités.
Les enfants de migrants nés au Portugal devront désormais exprimer explicitement leur volonté d’acquérir la nationalité portugaise, et au moins un de leurs parents devra résider légalement dans le pays depuis cinq ans. Jusqu’à présent, la nationalité était automatiquement acquise sous réserve de la résidence légale d’un parent. De même, les enfants étrangers adoptés par des citoyens portugais devront désormais faire une demande expresse de nationalité, contrairement à la procédure automatique en vigueur.
Pour les adultes, les conditions d’accès à la nationalité sont également durcies. Les candidats originaires de pays lusophones ou de l’Union européenne devront justifier d’une résidence légale d’au moins sept ans (contre cinq ans actuellement), tandis que ceux venant d’autres pays devront patienter dix ans. Le gouvernement a également accepté d’inclure dans le projet de loi deux initiatives de Chega : la possibilité de perdre la nationalité en cas d’obtention frauduleuse d’un passeport portugais, et l’obligation pour les demandeurs de disposer de leurs propres ressources financières et de ne pas dépendre de l’aide sociale.
Le Premier ministre, Luis Montenegro, a averti que son gouvernement continuera à promouvoir des restrictions à l’immigration. Il a d’ores et déjà annoncé la préparation d’une nouvelle loi visant à faciliter les procédures d’expulsion. En juillet dernier, le Parlement avait déjà voté en faveur de la création d’une unité spéciale au sein de la Police Nationale, chargée de lutter contre l’immigration irrégulière et de coordonner les expulsions. Une version remaniée de la loi sur l’immigration, tenant compte des objections soulevées par la Cour constitutionnelle concernant les restrictions au regroupement familial, avait également été présentée.
Selon André Ventura, président de Chega,
« Le Portugal rejoint le groupe des pays européens où il sera plus difficile d’obtenir la citoyenneté. »
André Ventura, président de Chega
Il a souligné la nécessité de “concessions des deux parties” pour parvenir à un accord.
Ces mesures interviennent dans un contexte de montée des préoccupations concernant l’immigration au Portugal et de renforcement des partis d’extrême droite en Europe. Elles devraient susciter des débats passionnés et pourraient avoir des conséquences importantes pour les migrants et leurs familles.
La proposition de modification du Code Pénal, approuvée par l’Assemblée de la République, permet désormais à un tribunal de révoquer la nationalité d’une personne reconnue coupable de crimes graves.
Sur le même sujet
