Publié le 26 octobre 2023. Le Pérou connaît une période économique faste, portée par des prix d’exportation records, notamment pour le cuivre et l’or, qui renforcent sa monnaie et attirent l’attention des pays voisins en difficulté.
- Les termes de l’échange du Pérou atteignent leur meilleur niveau depuis 1950.
- Le sol péruvien se maintient à un niveau comparable à celui de 1999, témoignant de sa robustesse.
- Les économistes soulignent la solidité du système financier péruvien, avec des niveaux de provisionnement et de capital confortables.
L’économie péruvienne profite actuellement d’une conjoncture particulièrement favorable. Les prix élevés des matières premières, en particulier du cuivre (supérieurs à 5 $ US la livre) et de l’or (dépassant les 4 000 $ US l’once), dopent les exportations et génèrent un excédent commercial significatif. Selon Hugo Perea, économiste en chef chez BBVA Research, le pays « nage dans les dollars ».
Cette situation a un impact direct sur la valeur du sol péruvien, qui se maintient à un niveau comparable à celui d’il y a 25 ans. « Nous devons le reconnaître et nous devons nous féliciter, nous, les Péruviens, n’avons pas tous tort », a souligné M. Perea. Cette stabilité attire même l’attention des pays voisins, confrontés à des crises de change, qui commencent à demander des soles en échange de leurs propres devises, comme en Bolivie avec le cholar, et au Brésil, à la frontière.
Mario Guerrero, responsable de la stratégie d’investissement à la Banque Scotia Pérou, estime que le niveau actuel du dollar pourrait constituer un bon moment pour les entreprises ayant besoin de s’endetter en dollars, tout en prévenant d’une possible appréciation de la monnaie américaine en raison de l’instabilité politique.
« Comment se comportait (avant) le dollar à 6 mois avant le premier tour (environ élections générales) ? Historiquement, il devrait augmenter. »
Mario Guerrero, responsable de la stratégie d’investissement, Banque Scotia Pérou
M. Guerrero recommande de se couvrir contre les fluctuations du dollar en utilisant des contrats à terme ou d’autres produits dérivés.
Renato Ravina, chef du département de recherche économique de la Surintendance des Banques, Assurances et AFP (SBS), a par ailleurs rassuré sur la solidité du système financier péruvien. Le taux de provisionnement sur les prêts non performants s’élève à 160 %, et l’indice global du capital (ICG) se situe en moyenne légèrement au-dessus de 17 %, bien au-dessus du minimum réglementaire de 10 %.
« Cela (ICG) signifie que les entités (du système financier péruvien) disposent de capitaux suffisants pour pouvoir faire face à des situations plus extrêmes, pas seulement aux pertes attendues (ce qui est mesuré dans l’indicateur des provisions sur prêts en souffrance). »
Renato Ravina, chef du département de recherche économique, SBS
Hugo Perea, de BBVA, conseille aux entreprises de s’endetter en soles si leurs revenus sont libellés dans cette devise, afin d’éviter les risques de change. Il souligne la volatilité récente du marché des changes, avec des fluctuations importantes en une seule journée.
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