Publié le 30 octobre 2024 20:31:00. Le préfet du Morbihan et le directeur de l’Agence régionale de santé ont visité ce jeudi les locaux de SOS Médecins Vannes, une association essentielle pour l’accès aux soins dans le pays vannetais, confrontée à des difficultés croissantes.
- Le préfet du Morbihan Michaël Galy et Olivier Coudin, directeur départemental de l’Agence régionale de santé, se sont rendus chez SOS Médecins Vannes et Lorient.
- SOS Médecins Vannes assure la permanence des soins 24h/24, 7j/7, avec des visites à domicile de nuit, mais peine à recruter des médecins pour ces horaires.
- L’association, qui intervient également dans les commissariats, les prisons et les établissements de santé mentale, est fragilisée par la lourdeur administrative et l’explosion des charges.
SOS Médecins Vannes, association Loi 1901 agréée par la Fédération SOS Médecins France, a accueilli ce jeudi 30 octobre le préfet du Morbihan, Michaël Galy, et Olivier Coudin, directeur départemental de l’Agence régionale de santé. Cette visite s’inscrit dans une démarche plus large de rencontre avec les acteurs de la santé, souligne le préfet, alors que l’accès aux soins constitue une préoccupation majeure pour les habitants du département.
Le Morbihan présente une particularité démographique importante : sa population double en été et vieillit rapidement. Michaël Galy a précisé que le département devrait compter, en 2050, l’un des plus forts taux de personnes de plus de 75 ans en France.
La structure vannetaise, située derrière l’hôpital privé Océane, assure une continuité de soins de 8h à 20h, et une permanence avec des visites à domicile de 20h à 8h en semaine, et du samedi 12h au lundi 8h. « Des centres de soins non programmés ouvrent un peu partout mais nous, on est la permanence de soins de la région vannetaise, médecins de garde du secteur », explique Matthieu Osselin, médecin associé depuis 2010 et président de SOS Médecins Pays de Vannes. « Cela fait 25 ans qu’on est là avec 120 à 150 passages par jour et nous nous battons pour garder l’activité de nuit pour laquelle beaucoup de jeunes praticiens n’ont plus d’attrait. »
Au-delà de la simple permanence des soins, SOS Médecins Vannes est sollicitée pour des missions spécifiques, encadrées par des conventions. L’association prend en charge les patients placés en garde à vue au commissariat de police (environ deux à trois interventions par nuit), les cas d’ivresse manifeste, et assure des interventions au sein de la prison. Elle collabore également avec l’Établissement public de santé mentale (EPSM) de Saint-Avé, mais se voit contrainte de limiter son intervention en raison de contraintes logistiques.
« Je souhaite continuer à rencontrer les acteurs de la santé qui participent à l’accès aux soins, une des préoccupations principales de nos concitoyens », a déclaré le préfet.
Matthieu Osselin a exposé devant le préfet les difficultés rencontrées par SOS Médecins : une charge administrative croissante, des problèmes de recrutement de médecins remplaçants et une fragilité financière. « Notre force, c’est de rester indépendant. On se sent parfois un peu seul et en difficulté. Notre outil est très bien mais très perfectible. Les charges explosent de partout. On voit qu’on est une petite entreprise fragile. En 2020, on s’est retrouvé à faire cinq week-ends sur six », a-t-il témoigné.
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