Publié le 6 novembre 2025 à 11h00. La saison de football universitaire américain est marquée par des performances surprenantes, des changements d’entraîneurs retentissants et une redistribution des cartes dans la course aux séries éliminatoires, le tout sur fond de bouleversements financiers et réglementaires.
- L’Indiana, porté par son nouvel entraîneur, se positionne comme un prétendant sérieux au titre.
- Des équipes traditionnellement dominantes comme Penn State connaissent des revirements inattendus.
- La performance des jeunes quarterbacks, très attendus, est globalement décevante.
La saison de football universitaire américain s’annonce plus imprévisible que jamais. Au-delà des performances sur le terrain, c’est tout un écosystème qui est en pleine mutation, avec des joueurs rémunérés directement par les universités, des entraîneurs dont les indemnités de départ atteignent des sommets, et des conflits juridiques liés aux nouvelles règles de compensation des athlètes.
Si les séries éliminatoires devaient débuter aujourd’hui, le tableau serait le suivant : Memphis, Virginie, Notre Dame, Oregon, Texas Tech, BYU, Ole Miss, Géorgie, Alabama, Texas A&M, Indiana et Ohio State seraient qualifiés. Les quatre premières équipes – Ohio State, Indiana, Texas A&M et Alabama – seraient exemptées du premier tour. Les matchs de ce premier tour se joueraient sur le terrain de l’équipe la mieux classée : Memphis recevrait Géorgie, Virginie affronterait Ole Miss, Notre Dame se mesurerait à BYU, et Oregon à Texas Tech.
La présence de Memphis et de Virginie dans ce tableau suscite l’étonnement. Ces deux équipes ne figurent pas parmi les 12 premières du classement du comité CFP (College Football Playoff), mais elles bénéficient d’une règle garantissant une place aux cinq champions de conférence les mieux classés. Memphis, bien que non classée dans le top 25 du comité, est assurée d’une participation en tant que meilleure équipe de l’AAC (American Athletic Conference). Virginie, classée 14e, est la meilleure équipe de l’ACC (Atlantic Coast Conference). Leur inclusion se ferait actuellement au détriment du Texas et de l’Oklahoma, ce qui ne devrait pas déplaire à de nombreux observateurs.
Mais la surprise la plus retentissante est sans doute l’ascension fulgurante de l’Indiana. Après une saison 2023 exceptionnelle (11 victoires pour 1 défaite), les Hoosiers confirment leur potentiel sous la direction de leur nouvel entraîneur, Curt Cignetti.
« C’est assez simple, je gagne. »
Curt Cignetti, entraîneur de l’Indiana
Cignetti a su insuffler un nouvel élan à l’équipe, qui affiche un bilan parfait de 9 victoires pour 0 défaite cette saison, avec notamment une victoire convaincante sur le terrain de l’Oregon en octobre. Menés par le quarterback Fernando Mendoza, les Hoosiers sont désormais sur une trajectoire de collision avec Ohio State pour le match de championnat de la Big Ten, une nouvelle occasion de prouver leur valeur et de consolider leur position de leader.
L’année dernière, Penn State avait atteint les séries éliminatoires et même remporté ses deux premiers matchs. Pourtant, moins de dix mois plus tard, l’université a limogé l’entraîneur-chef James Franklin, après une série de trois défaites consécutives. Ce licenciement, comme ceux de Brian Kelly (LSU), Billy Napier (Floride), Hugh Freeze (Auburn) et Mike Gundy (Oklahoma State), illustre la pression croissante exercée sur les entraîneurs et la fragilité de leur position, même après avoir mené leur équipe en séries éliminatoires. Selon NBC News, Penn State devra verser près de 50 millions de dollars pour se débarrasser de Franklin.
Enfin, la saison est marquée par une performance décevante des jeunes quarterbacks, dont les prémices étaient prometteuses. Drew Allar (Penn State), Garrett Nussmeier (LSU), DJ Lagway (Floride), Arch Manning (Texas) et Cade Klubnik (Clemson) n’ont pas tous réussi à répondre aux attentes. Les statistiques d’Allar ont chuté par rapport à sa saison junior, et il a eu du mal lors du dérapage de Penn State avant de voir sa saison écourtée par une blessure au genou. Nussmeier est également en deçà de ses performances de l’année dernière, et Lagway a été sujet aux pertes de balle. Klubnik, qui avait lancé 36 touchdowns en 14 matchs l’an dernier, est actuellement sur le point d’en lancer 17 en saison régulière. Manning, malgré une amélioration au fil de la saison, n’a pas encore atteint le niveau attendu compte tenu de son pedigree.
Cependant, certains quarterbacks se distinguent, comme Fernando Mendoza (Indiana), qui pourrait être l’un des premiers choix de la prochaine draft, Julian Sayin (Ohio State), qui a apporté une nouvelle dynamique à l’attaque des Buckeyes, et Ty Simpson (Alabama), qui compte 20 touchdowns pour une seule interception.
Les équipes ont encore le temps de se battre pour se positionner avant la fin de la saison régulière. Les Longhorns, Sooners, Miami et USC sont parmi les équipes qui pourraient encore se frayer un chemin vers les séries éliminatoires, tandis que des écoles comme Georgia Tech, Vanderbilt et Utah pourraient créer la surprise. Le chaos, semble-t-il, est encore loin d’être terminé.