Home MondeLe Premier ministre de Trinité-et-Tobago qualifie la Caricom de partenaire peu fiable

Le Premier ministre de Trinité-et-Tobago qualifie la Caricom de partenaire peu fiable

by Clara Dubois

Publié le 21 décembre 2023 17h31:00. La Première ministre trinidadienne Kamla Persad-Bissessar a pris ses distances avec la Communauté caribéenne (CARICOM) concernant les restrictions d’entrée aux États-Unis, critiquant vivement le fonctionnement de l’organisation régionale et affirmant privilégier les intérêts nationaux de Trinité-et-Tobago.

  • Kamla Persad-Bissessar critique ouvertement la CARICOM, la jugeant peu fiable et dénonçant des problèmes de gouvernance interne.
  • Elle justifie les restrictions d’entrée américaines, considérant qu’elles sont une réponse légitime aux programmes de citoyenneté par investissement de certains pays.
  • Ses déclarations suscitent des réactions vives à Trinité-et-Tobago, notamment de la part d’anciens ministres.

La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a exprimé publiquement son désaccord avec la position adoptée par la CARICOM suite à l’annonce par les États-Unis de restrictions d’entrée à partir du 16 décembre pour les citoyens d’Antigua-et-Barbuda et de la Dominique. Ces mesures sont liées aux inquiétudes américaines concernant les programmes de citoyenneté par investissement proposés par ces pays.

Dans une déclaration diffusée samedi, Mme Persad-Bissessar a clairement indiqué que Trinité-et-Tobago ne se ralliait pas à la déclaration de la CARICOM exprimant ses préoccupations à ce sujet. Elle a défendu l’approche américaine, soulignant que chaque État souverain doit assumer les conséquences de ses propres décisions politiques. Selon elle, la réaction de Washington est une réponse proportionnée à la gestion et aux risques associés à ces programmes d’investissement.

Au-delà de cette divergence sur la question américaine, la Première ministre a profité de cette occasion pour émettre des critiques sévères à l’égard du fonctionnement interne de la CARICOM. Elle a dénoncé une gouvernance défaillante, un manque de responsabilité, des divisions internes et des ingérences dans les affaires intérieures des États membres. Elle a également pointé du doigt le soutien de la CARICOM au régime vénézuélien de Nicolás Maduro, accusé de violations des droits humains et de déstabilisation de la région, comme un facteur minant la crédibilité de l’organisation.

Mme Persad-Bissessar a insisté sur la primauté de l’intérêt national pour Trinité-et-Tobago.

« La CARICOM ne détermine pas l’avenir de notre pays. Ce choix appartient à nos citoyens. »

Kamla Persad-Bissessar, Première ministre de Trinité-et-Tobago

Elle a affirmé que sa politique étrangère serait désormais menée de manière indépendante, en tenant compte des spécificités de son pays en matière de politique, de sécurité et d’économie.

Ces déclarations n’ont pas manqué de provoquer des réactions à Trinité-et-Tobago. L’ancien Premier ministre Stuart Young a accusé Mme Persad-Bissessar d’affaiblir la CARICOM et de compromettre les relations avec les États-Unis, qualifiant son approche de « troublante » et de « superficielle ». Amery Browne, ancien ministre des Affaires étrangères et de la CARICOM, a également exprimé ses critiques, estimant que la Première ministre cherchait à esquiver ses responsabilités politiques en utilisant un langage agressif.

Malgré ces critiques, Mme Persad-Bissessar a réaffirmé sa position, soulignant la nécessité pour Trinité-et-Tobago de poursuivre une politique étrangère autonome. Elle a appelé à une évaluation objective et transparente du rôle et de l’efficacité de la CARICOM en tant qu’organisation régionale, et a réitéré que les mesures américaines étaient une conséquence directe des choix faits par chaque pays.

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