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Le président coréen des excuses s’excuse pour les adoptions étrangères des enfants volés

by Clara Dubois

Séoul a présenté ses excuses officielles, ce jeudi, aux Sud-Coréens adoptés à l’étranger, reconnaissant ainsi les abus et les fraudes qui ont entaché les programmes d’adoption du pays pendant des décennies. Cette annonce intervient après la publication d’un rapport accablant mettant en lumière des pratiques systématiques de falsification de dossiers et de séparation forcée d’enfants de leurs familles biologiques.

Dans un message publié sur Facebook, le président Lee Jae Myung a exprimé ses « sincères excuses et ses paroles de réconfort » aux adoptés et à leurs familles, tant adoptives que biologiques. Il a souligné que les conclusions de la Commission vérité et réconciliation, ainsi que les récentes décisions de justice, confirment l’existence d’atteintes aux droits de l’homme dans le cadre des adoptions internationales. Le président a également admis l’échec du gouvernement à assurer une surveillance adéquate de ces programmes.

La Corée du Sud est confrontée à une pression croissante pour faire la lumière sur les irrégularités qui ont marqué ses programmes d’adoption, particulièrement dans les années 1970 et 1980, période durant laquelle des milliers d’enfants ont été placés dans des familles d’accueil à l’étranger chaque année. De nombreux adoptés ont découvert que leurs dossiers avaient été falsifiés pour les présenter comme des orphelins abandonnés, tandis que d’autres ont été retirés, voire volés, à leurs familles biologiques.

Un rapport historique publié en mars par la Commission vérité et réconciliation a établi la responsabilité du gouvernement dans la facilitation de programmes d’adoption motivés par la volonté de réduire les dépenses sociales. Ce rapport fait suite à une enquête de trois ans portant sur les plaintes de 367 adoptés originaires d’Europe, des États-Unis et d’Australie. Ses conclusions rejoignent largement celles d’une enquête menée en 2024 par l’Associated Press, en collaboration avec Frontline (PBS), qui a révélé comment les gouvernements sud-coréens, occidentaux et les agences d’adoption ont collaboré pour placer environ 200 000 enfants coréens dans des familles étrangères, malgré des preuves persistantes de transactions douteuses, voire d’achats illégaux.

À ce stade, la Corée du Sud a ratifié en juillet la Convention de La Haye relative à la protection des enfants et à la coopération en matière d’adoption internationale, un traité international visant à encadrer les adoptions transfrontalières. Le traité est entré en vigueur en Corée du Sud ce mercredi.

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