Publié le 13 janvier 2024 à 18h30. Face aux menaces de Donald Trump après la capture de Nicolás Maduro, Cuba affiche sa détermination à ne pas céder au chantage américain, malgré une crise économique aiguë et un isolement croissant.
La Havane rejette fermement les pressions exercées par l’ancien président américain Donald Trump, qui a menacé de sanctions économiques supplémentaires si Cuba ne parvient pas à un accord avec Washington. Ces menaces interviennent après la capture de Nicolás Maduro, allié clé de Cuba, lors d’une opération militaire américaine au Venezuela.
Trump a déclaré à bord d’Air Force One, le 11 janvier, que les États-Unis exercent désormais un contrôle effectif sur le Venezuela et qu’ils allaient couper les approvisionnements en pétrole et en argent vers Cuba. Il a même publié un message sur sa plateforme Truth Social, affirmant :
« Il n’y aura PLUS DE PÉTROLE NI D’ARGENT POUR CUBA ! ZÉRO ! Je vous suggère fortement de parvenir à un accord, AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD. »
Le président républicain accuse Cuba de profiter de l’aide économique vénézuélienne en échange de « services de sécurité » pour Maduro et son prédécesseur, Hugo Chávez. Il a également affirmé que la majorité des Cubains sont morts à cause de la dernière attaque américaine, une affirmation non étayée.
Le président cubain Miguel Díaz-Canel a répondu avec défi, déclarant que son pays ne négociera pas sous la pression.
« Il n’y a pas de négociations avec le gouvernement américain, à l’exception des contacts techniques en matière d’immigration. »
Il a promis que les Cubains seraient prêts à défendre leur pays
« jusqu’à la dernière goutte de sang ».
Bruno Rodríguez, le ministre cubain des Affaires étrangères, a réitéré cette position après avoir participé à une cérémonie commémorative à Caracas en hommage aux victimes des attaques américaines. Il a affirmé que Cuba ne se soumettrait pas aux « menaces et au chantage » des États-Unis et qu’il ne vendrait pas son indépendance.
La situation est d’autant plus préoccupante pour Cuba que l’île traverse actuellement sa pire crise économique depuis des décennies. Les coupures d’électricité sont quotidiennes, dépassant 20 heures dans de nombreuses régions, et la production agricole et industrielle est en chute libre. La pénurie de produits de base alimente le marché noir, la corruption et l’inflation, tandis que la monnaie locale se déprécie face au dollar. Le tourisme, secteur vital pour l’économie cubaine, est également en baisse.
L’exode massif de la population a laissé un pays vieillissant, avec un manque de jeunes. De plus, les épidémies de dengue et de chikungunya mettent en évidence la détérioration du système de santé publique.
Les tensions entre Cuba et les États-Unis remontent à la révolution de 1959, qui a porté au pouvoir Fidel Castro. La crise des missiles cubains de 1962, lorsque l’installation de bases de missiles soviétiques sur l’île a failli déclencher une guerre nucléaire, reste un épisode marquant de cette rivalité.
Durant son premier mandat, Donald Trump avait inversé la politique de rapprochement avec Cuba initiée par son prédécesseur, Barack Obama.
Selon le Financial Times, les exportations de pétrole mexicain vers Cuba pourraient dépasser celles du Venezuela d’ici 2025. Financial Times
Le sénateur Marco Rubio, fils d’immigrés cubains et fervent opposant au régime communiste, semble jouer un rôle clé dans la stratégie américaine à l’égard de Cuba. Il a déclaré aux journalistes après la capture de Maduro :
« Si je vivais à La Havane et si j’étais au gouvernement, je serais au moins un peu inquiet. »
Trump a même republié un message suggérant que Rubio pourrait un jour devenir président de Cuba, ajoutant :
« Ça me semble bien ! »
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