Publié le 13 janvier 2026. L’offensive judiciaire de l’administration Trump contre la Réserve fédérale américaine suscite de vives inquiétudes quant à l’indépendance de la banque centrale, et pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt, selon le PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon.
- Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, met en garde contre les conséquences d’une érosion de l’indépendance de la Fed, prévoyant une augmentation des anticipations d’inflation et des taux d’emprunt.
- Le ministère de la Justice américain a émis des assignations à comparaître devant un grand jury à l’encontre de la Fed, dans le cadre d’une enquête concernant le témoignage de Jerome Powell devant le Congrès.
- Cette offensive a provoqué des dissensions au sein du Parti républicain, certains élus s’opposant à toute nomination de Trump à la Fed tant que l’affaire n’est pas résolue.
L’indépendance de la Réserve fédérale, pilier de la crédibilité de l’institution, est remise en question par les récentes actions de l’administration Trump. Le ministère de la Justice a intensifié la pression sur le président de la Fed, Jerome Powell, en lui adressant des assignations à comparaître devant un grand jury. Cette enquête porte sur les déclarations de Powell devant le Congrès concernant la rénovation du siège de la banque centrale, un projet dont le coût a été jugé excessif par l’administration.
Face à cette situation, Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, a exprimé son inquiétude quant aux conséquences potentielles. Lors d’une conférence téléphonique avec les médias ce mardi 13 janvier, après la publication des résultats du quatrième trimestre de son entreprise, il a déclaré :
« Tous ceux que nous connaissons croient en l’indépendance de la Fed. Tout ce qui l’érode n’est probablement pas une bonne idée. Et, à mon avis, cela aura des conséquences opposées : augmentera les attentes d’inflation et, avec le temps, les tarifs augmenteront probablement. »
Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase
M. Dimon a également souligné son respect personnel pour Jerome Powell :
« Oui, j’ai énormément de respect pour Jay Powell en tant que personne. »
Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase
Cette offensive contre la Fed a suscité des réactions au sein du Parti républicain. Le sénateur Thom Tillis a ainsi déclaré le 11 janvier qu’il s’opposerait à toute nomination de Trump à la Fed tant que l’enquête du ministère de la Justice n’aura pas abouti. En juillet 2025, alors que les tensions entre la Maison Blanche et la Fed s’intensifiaient déjà, d’autres dirigeants de Wall Street avaient souligné l’importance cruciale de l’autonomie de la banque centrale.
« L’indépendance de la Réserve fédérale est ce qui sous-tend sa crédibilité. C’est fondamental pour l’efficacité de nos marchés financiers et pour la compétitivité des États-Unis. »
Jane Fraser, PDG de Citigroup Inc.
Les marchés financiers ont également réagi à cette nouvelle escalade. Le peso mexicain a profité d’un « retour de bâton » face au dollar, gagnant 7 cents lors de la séance du 12 janvier, et s’appréciant de 0,35 % supplémentaires ce mardi, pour atteindre un taux de change de 17,86 unités. Parallèlement, les prix de l’or et de l’argent ont augmenté de 2 et près de 7 pour cent en début de semaine, profitant de l’incertitude ambiante. Selon David Wilson, responsable de la stratégie matières premières chez BNP Paribas, l’incertitude concernant l’indépendance de la Fed et l’évolution des taux d’intérêt américains continuera d’être un moteur clé du marché de l’or en 2026. Les prix de l’or et de l’argent ont atteint de nouveaux records.
Le mandat de Jerome Powell à la tête de la Fed prendra fin en mai. Les attaques contre la Fed ont déjà propulsé l’or vers des sommets historiques en 2025, en raison de l’augmentation des risques commerciaux et géopolitiques, ainsi que des achats des banques centrales. Les métaux précieux devraient maintenir cette dynamique en 2026, après un début d’année marqué par des événements tels que la capture du président Nicolas Maduro et les menaces de Trump de s’emparer du Groenland.
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