Publié le 20 octobre 2025 à 19h20. Face à une escalade de la violence liée au narcotrafic, le président équatorien Daniel Noboa réaffirme son engagement dans la lutte contre le crime, tout en naviguant dans un contexte diplomatique tendu avec la Colombie et les États-Unis.
- Le président Noboa confirme la détermination de l’Équateur à combattre le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale.
- Malgré les difficultés, l’Équateur affiche une croissance économique de plus de 4 % et une baisse de la pauvreté.
- Les relations entre la Colombie et les États-Unis se dégradent, avec la suspension d’une aide financière américaine à Bogota.
Daniel Noboa a exprimé sa ferme volonté de poursuivre la lutte contre la criminalité dans son pays, suite aux tensions diplomatiques entre Washington et Bogota. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président équatorien a adressé un message direct à l’ancien président américain Donald Trump :
« Président Trump, l’Équateur reste ferme dans la lutte mondiale contre le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale, des défis qui exigent l’unité entre les nations engagées en faveur de la paix et de la prospérité. »
L’Équateur, confronté à une recrudescence de la violence des gangs liés au narcotrafic, avec des attentats à la voiture piégée et des massacres, est considéré comme l’un des pays les plus dangereux d’Amérique latine. Le parquet équatorien constate une augmentation inquiétante des plaintes pour exécutions extrajudiciaires, passant de six en 2023 à 19 l’année dernière.
Malgré ce contexte sécuritaire difficile, le gouvernement Noboa souligne des résultats économiques positifs. Selon le président, le pays a enregistré une croissance économique de plus de 4 %, maintenu l’inflation en dessous de 1 % et réduit la pauvreté à son niveau le plus bas depuis 2018 (24 %). Il insiste également sur les efforts déployés pour créer des opportunités pour les jeunes et les secteurs longtemps négligés.
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement équatorien maintient sa position ferme concernant le dialogue avec les groupes indigènes impliqués dans la récente grève nationale. Le gouvernement a affirmé qu’il n’y a “aucune condition pour poursuivre le processus de dialogue”, malgré les revendications de certains secteurs des organisations et mouvements autochtones. Cette décision fait suite au retrait des subventions au diesel, bien qu’un accord ait été conclu pour mettre fin aux manifestations dans la province d’Imbabura. Le président Noboa a prévenu qu’il “agira avec fermeté”.
La situation est d’autant plus complexe que les relations entre la Colombie et les États-Unis sont à un point de rupture. Le président colombien Gustavo Petro a vivement critiqué Donald Trump, allant jusqu’à le comparer à Adolf Hitler. Ces tensions ont conduit à la suspension de l’aide financière américaine à la Colombie, un partenaire clé dans la lutte contre le narcotrafic.
Petro a dénoncé ce samedi une violation de la souveraineté colombienne par les États-Unis en pleine opération militaire dans les Caraïbes, accusant l’armée américaine d’avoir endommagé et coulé un bateau de pêche. En réponse, Donald Trump a qualifié Petro de « leader de la drogue », accusant son gouvernement d’encourager la production de cocaïne.
Cette crise diplomatique marque une rupture majeure après dix mois de désaccords, durant lesquels Petro a tenu des propos controversés envers les États-Unis, allant jusqu’à appeler à la désobéissance des soldats face à Trump et à accuser des conseillers proches de l’ancien président américain de comploter pour le renverser.
*Avec informations de l’AFP et Europa Press.
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