Publié le 21 novembre 2023 19h06. Le nouveau président bolivien, Rodrigo Paz, a mis à exécution une promesse de campagne en abolissant le ministère de la Justice, une mesure qu’il justifie par la volonté de rompre avec une histoire de persécutions politiques sous les gouvernements de gauche qui ont dominé la Bolivie pendant deux décennies.
Rodrigo Paz a annoncé jeudi la suppression du ministère, qu’il qualifie de « ministère de la persécution » et de « ministère de l’injustice ». Il a affirmé que cette décision vise à empêcher un retour au « terrorisme d’État ».
« Aujourd’hui, je tiens parole… le ministère de la persécution, le ministère de l’injustice prend fin. Il n’y aura plus de persécution en Bolivie, nous enterrons le ministère de la Justice pour que le terrorisme d’État ne revienne pas. »
Rodrigo Paz, président de la Bolivie
Cette décision intervient après la nomination, puis les controverses entourant Freddy Vidovic au poste de ministre de la Justice. Il a été révélé que Vidovic, également avocat du vice-président bolivien Edmund Lara, avait été condamné en 2015 à une peine de trois ans de prison pour corruption.
La Bolivie a été gouvernée, à l’exception d’une brève période, par des présidents issus du Mouvement pour le socialisme (MAS) au cours des vingt dernières années. Evo Morales, ancien leader syndical de la coca, a dirigé le pays de 2006 à 2019, bénéficiant initialement d’un large soutien populaire avant d’être critiqué pour son style autoritaire. Morales a été contraint à l’exil en 2019 suite à des contestations électorales et sous la pression de l’armée et de la police.
Il a été remplacé par Jeanine Áñez, alors vice-présidente du Sénat, qui a organisé de nouvelles élections. Ces dernières ont vu la victoire de Luis Arce, également issu du MAS, avant que Rodrigo Paz ne lui succède cette année.
