Publié le 2024-11-24 18:32:00. Le Liban réaffirme son désir d’éviter une nouvelle escalade avec Israël, malgré des violations persistantes du cessez-le-feu et des critiques du Hezbollah sur l’implication de civils dans les négociations.
- Le président libanais Joseph Aoun a assuré à une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU que son pays ne souhaite pas la guerre.
- Naim Qassem, chef du Hezbollah, soutient la diplomatie mais dénonce la participation de représentants civils aux pourparlers.
- Israël continue ses opérations militaires au Liban, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.
Le Liban a réitéré sa volonté de désamorcer les tensions avec Israël, quelques jours après l’ouverture de discussions directes entre civils des deux pays – une première depuis des décennies. Lors d’une rencontre avec les ambassadeurs des membres du Conseil de sécurité de l’ONU, le président Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d’éviter un nouveau conflit, soulignant que « le peuple libanais a suffisamment souffert et qu’il n’y aura pas de retour en arrière », selon un communiqué de la présidence.
Aoun a également appelé la communauté internationale à soutenir l’armée libanaise dans ses efforts pour désarmer les groupes armés non étatiques. L’armée prévoit d’achever la première phase de son plan, approuvé par le gouvernement, d’ici la fin de l’année. « L’armée libanaise jouera pleinement son rôle… La communauté internationale doit la soutenir et l’assister », a-t-il déclaré, affirmant qu’il n’y avait « pas de retour en arrière » sur cette décision, même si elle prend du temps.
Malgré un accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024, censé mettre fin à plus d’un an d’hostilités entre Israël et le Hezbollah soutenu par l’Iran, Israël continue de mener des frappes sur le territoire libanais et maintient une présence militaire dans cinq zones du sud du Liban qu’elle considère comme stratégiques.
Mercredi, des représentants civils libanais et israéliens ont rejoint les réunions d’un comité chargé de surveiller le respect du cessez-le-feu. Cette initiative, selon Aoun, vise à prévenir une nouvelle guerre. Cependant, cette inclusion a suscité de vives critiques de la part du Hezbollah.
Dans un discours télévisé, Naim Qassem, chef du Hezbollah, a déclaré que son groupe soutenait la démarche diplomatique du gouvernement libanais pour « mettre fin à l’agression et mettre en œuvre » le cessez-le-feu. Il a néanmoins qualifié l’intégration de représentants civils de « faux pas », ajoutant :
« Nous considérons cette mesure comme un faux pas supplémentaire qui s’ajoute au péché »
Naim Qassem, chef du Hezbollah
, en référence à la décision du gouvernement, prise en août, de confier à l’armée la tâche de désarmer le Hezbollah. Qassem a également mis en doute l’efficacité de cette concession, affirmant qu’elle ne modifierait ni la position d’Israël, ni son agression, ni son occupation.
Le président Aoun a souligné la nécessité d’exercer des pressions sur Israël pour qu’il respecte le cessez-le-feu et se retire des territoires libanais occupés, exprimant son espoir que la délégation de l’ONU puisse jouer un rôle dans ce sens. Il a également précisé que l’issue des négociations dépendra principalement de la position israélienne.
Une nouvelle série de pourparlers, incluant des représentants civils, est prévue à partir du 19 décembre.
La délégation de l’ONU s’est rendue jeudi à Damas, en Syrie, et a rencontré des responsables libanais vendredi. Elle doit inspecter la zone frontalière au sud du Liban samedi, en compagnie de l’envoyé américain Morgan Ortagus.
Nabih Berri, président du Parlement libanais et allié du Hezbollah, a déclaré après avoir rencontré la délégation de l’ONU que « négocier sous le feu est inacceptable ». Il a insisté sur la nécessité pour Israël de se conformer à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU et à l’accord de cessez-le-feu, en mettant fin à ses violations quotidiennes et en se retirant derrière la frontière internationale.
Jeudi, Israël a mené des frappes contre quatre villes du sud du Liban, affirmant cibler des infrastructures du Hezbollah, notamment des dépôts d’armes, afin d’empêcher le groupe de se réarmer. Les Casques bleus de l’ONU ont qualifié ces frappes de « violations flagrantes de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ». Ils ont également signalé qu’un de leurs véhicules avait été visé par des tirs provenant de cyclomoteurs près de Bint Jbeil, sans faire de blessés.
Bien que le Hezbollah refuse de se désarmer, il n’a pas répondu aux récentes attaques israéliennes. Il a toutefois promis une riposte à l’assassinat de son chef militaire lors d’une frappe dans la banlieue sud de Beyrouth le mois dernier.
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