Home MondeLe président syrien exclut pour l’instant tout rapprochement avec Israël – DiePresse.com

Le président syrien exclut pour l’instant tout rapprochement avec Israël – DiePresse.com

by Clara Dubois

Publié le 24 septembre 2025. Le président syrien par intérim, Ahmed al-Sharaa, a effectué une visite historique à la Maison Blanche, marquant un tournant dans les relations entre Washington et Damas, tout en réaffirmant sa position ferme sur le plateau du Golan occupé.

  • Ahmed al-Sharaa est le premier chef d’État syrien à être reçu à la Maison Blanche.
  • Les États-Unis ont suspendu certaines sanctions contre la Syrie pour six mois, dans l’espoir de favoriser une « chance de grandeur » pour le pays.
  • Le président syrien par intérim exclut toute négociation directe avec Israël tant que le plateau du Golan reste occupé.

La visite d’Ahmed al-Sharaa à Washington représente un changement radical de politique pour les États-Unis. Il y a encore un an, cet homme était considéré comme un terroriste recherché. Son ascension au pouvoir, à la tête de la Syrie depuis le début de l’année, est le fruit de la chute du régime de Bachar al-Assad, renversé par une alliance rebelle dirigée par le groupe islamiste Haiat Tahrir al-Sham (HTS). L’administration Trump a décidé de retirer al-Sharaa et le ministre syrien de l’Intérieur, Anas Hasan Chattab, d’une liste de sanctions, levant également une prime de 10 millions de dollars américains qui pesait sur le président par intérim depuis la chute d’Assad.

Lors d’une interview accordée à la chaîne américaine Fox News, al-Sharaa a clairement indiqué que les conditions de la Syrie pour une normalisation des relations avec Israël diffèrent de celles des États ayant déjà adhéré aux accords d’Abraham.

« La Syrie a une frontière avec Israël et Israël occupe le plateau du Golan depuis 1967. Nous n’entrerons pas dans des négociations directes pour le moment »,

Ahmed al-Sharaa, président syrien par intérim

Il a toutefois exprimé l’espoir que l’administration Trump puisse faciliter de futures négociations.

Depuis son arrivée au pouvoir, al-Sharaa s’est activement engagé à rétablir les liens de la Syrie avec la communauté internationale. Il a voyagé dans plusieurs pays du Golfe pour encourager les investissements étrangers et a prononcé un discours historique lors du débat général de l’ONU, une première pour un président syrien depuis près de 60 ans. Il a également été reçu à Moscou par Vladimir Poutine, qui avait soutenu militairement Bachar al-Assad pendant la guerre civile. Les rencontres précédentes entre Donald Trump et Ahmed al-Sharaa, en Arabie saoudite en mai et en marge du débat général de l’ONU, ont préparé le terrain pour cette visite à la Maison Blanche.

Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre depuis 1948, sans qu’aucun traité de paix n’ait jamais été signé. Israël occupe le plateau du Golan, une zone stratégique, depuis la guerre des Six Jours en 1967. Les frappes aériennes israéliennes sur des cibles militaires en Syrie, notamment des dépôts d’armes, se sont intensifiées après la chute d’Assad, justifiées par la volonté d’empêcher les armes, y compris les agents chimiques, de tomber entre les mains d’extrémistes. Les troupes israéliennes ont également progressé en territoire syrien, établissant une zone tampon sur le plateau du Golan.

Le président syrien Ahmed al-Sharaa salue ses partisans après sa rencontre avec le président américain Donald Trump à Washington DC

Le président syrien Ahmed al-Sharaa salue ses partisans après sa rencontre avec le président américain Donald Trump à Washington DCReuters / Lubna Allababidi

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