Publié le 2025-12-01 14:25:00. La République démocratique du Congo a officiellement déclaré la fin de sa dernière épidémie de maladie à virus Ebola, une victoire sanitaire rendue possible en grande partie par l’infrastructure et l’expertise développées dans le cadre du programme national d’éradication de la poliomyélite.
- La réponse rapide et coordonnée, appuyée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a été cruciale pour maîtriser l’épidémie dans la province du Kasaï.
- Le personnel formé à la lutte contre la poliomyélite a joué un rôle essentiel dans la surveillance, la recherche des contacts et la sensibilisation communautaire.
- Les progrès significatifs de la RDC dans la lutte contre la poliomyélite ont permis de renforcer les capacités du pays à répondre aux urgences sanitaires.
La fin de cette épidémie d’Ebola illustre la synergie entre les programmes de santé publique. L’OMS a rapidement déployé une équipe multidisciplinaire de sept experts en poliomyélite pour soutenir les efforts de terrain dans la province du Kasaï. Cette collaboration a permis de renforcer la surveillance de la maladie, la logistique, la recherche des contacts et l’engagement communautaire.
Le sous-bureau de l’OMS au Kasaï, financé par des fonds dédiés à la lutte contre la poliomyélite, a servi de plateforme logistique essentielle. Grâce à leur expérience acquise lors de campagnes de vaccination porte-à-porte, les équipes locales chargées de la lutte contre la polio ont pu cartographier les zones difficiles d’accès, suivre les mouvements de population et diffuser des messages de prévention contre Ebola. Leur présence sur le terrain a facilité l’accès aux communautés à risque et assuré la bonne distribution des vaccins et des informations vitales.
Ces dernières années, la RDC a réalisé des avancées notables dans la lutte contre la poliomyélite. Après l’interruption de la transmission du poliovirus sauvage de type 1 en Afrique en 2020, le pays a continué à combattre les variants du poliovirus circulant de type 1 et 2 (PVDVc1 et 2) grâce à des campagnes de vaccination ciblées et à l’échelle nationale. Plus de 33 millions d’enfants ont été vaccinés en 2025, y compris les enfants de moins de 14 ans dans certaines provinces.
La surveillance environnementale, l’enquête rapide sur les cas et le renforcement des capacités des laboratoires constituent désormais les piliers de la stratégie nationale de lutte contre la poliomyélite. Ces mêmes outils ont été mobilisés avec succès pour répondre à l’épidémie d’Ebola.
« Nous avons veillé à ce que nos équipes formées contre la poliomyélite soient rapidement déployées au Kasaï pour renforcer les enquêtes sur les cas, la recherche des contacts et la gestion des données. Nos logisticiens ont soutenu le transport des échantillons jusqu’au laboratoire national, les agents de surveillance des maladies ont formé les agents de santé locaux et nos experts en communication ont contribué à renforcer la confiance dans les communautés touchées. Les mêmes systèmes qui nous aident à arrêter le poliovirus ont été cruciaux pour mettre fin à la dernière épidémie d’Ebola, démontrant comment les investissements dans la lutte contre la poliomyélite continuent de protéger des vies bien au-delà de la poliomyélite. »
Dr Aïcha Diakité, chef de l’équipe OMS de lutte contre la poliomyélite
L’efficacité du programme de lutte contre la polio est indéniable : le nombre de cas de variant du poliovirus de type 1 est passé de 107 en 2023 à 10 en 2024 et à seulement 01 à ce jour en 2025. Cette diminution significative témoigne de l’impact positif des systèmes mis en place pour éradiquer la polio, qui ont également contribué à la riposte contre Ebola.
« Les équipes de lutte contre la poliomyélite sont profondément enracinées dans les communautés car elles connaissent le terrain, les gens et savent comment se déplacer rapidement. Leur soutien accélère les efforts visant à contenir le virus et à protéger des vies. »
Dr Lusamba Kabamba, coordinateur de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite en République démocratique du Congo
Les équipes ont rapidement été mobilisées pour soutenir la surveillance, la recherche active des cas, la communication des risques et le déploiement rapide des ressources grâce à leur expertise en micro-planification.
Cette approche intégrée s’inscrit dans la continuité du programme de lutte contre la poliomyélite, qui a déjà apporté son soutien à la réponse à d’autres urgences sanitaires dans la région, telles que le choléra et le mpox.
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