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Le projet d’accord de capital privé Big Ten en attente

by Camille Renault

L’avenir de l’accord financier proposé par le Big Ten est incertain après une réunion des présidents et chanceliers des universités membres, le 16 octobre 2025. Des désaccords importants, notamment de la part de l’Université du Michigan et de l’Université de Californie du Sud, pourraient compromettre la finalisation de ce partenariat révolutionnaire.

Aucun vote n’a eu lieu lors de la conférence téléphonique, une pratique courante lorsque l’unanimité n’est pas assurée. Le Big Ten a simplement indiqué que les discussions se poursuivent.

L’accord envisagé prévoit la création de Big Ten Enterprises, une nouvelle entité qui regrouperait tous les droits médiatiques et les contrats de sponsoring de la ligue. Un fonds de pension de l’Université de Californie injecterait plus de 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) dans les départements sportifs des universités membres en échange d’une participation de 10 % dans cette nouvelle structure. Cette opération prolongerait également l’exploitation des droits de diffusion de la ligue jusqu’en 2046.

Plusieurs universités, dont le Michigan et l’USC, se sont publiquement opposées à ce projet. Mark Bernstein, régent de l’Université du Michigan, a dénoncé un « prêt sur salaire », tandis que Jordan Acker, un autre régent, l’a comparé à l’ouverture d’une nouvelle carte de crédit pour rembourser des dettes.

« Nous devons conclure cet accord : donner 10 % des futurs revenus des médias pour les 21 prochaines années, même si personne ne sait à quoi ressembleront le sport universitaire ou les médias ? »

Jordan Acker, régent de l’Université du Michigan

Acker a également exprimé ses regrets quant à un accord similaire conclu par la conférence ACC en 2013, qui avait conduit à des litiges.

L’Université du Michigan a mandaté des consultants et des banques d’investissement, dont Barclays, qui se sont tous prononcés contre l’accord, recommandant des alternatives pour réduire les déficits et lever des fonds sans céder des actifs.

« Le Big Ten n’a pas besoin d’être vendu pour sauver le sport universitaire. Il doit conduire à sauver le sport universitaire. »

Jordan Acker, régent de l’Université du Michigan

Sarah Hubbard, une autre régente du Michigan, a plaidé pour une étude plus approfondie, soulignant que le conseil d’administration devait protéger les actifs de l’université et ne pas céder à des pressions indues.

« Nous ne nous laisserons pas précipiter par de faux délais ou par des pressions de la part de ceux qui n’assument pas les responsabilités fiduciaires que nous assumons. »

Sarah Hubbard, régente de l’Université du Michigan

L’accord prévoit une injection d’au moins 100 millions de dollars (environ 92,5 millions d’euros) dans chacune des 18 universités membres. Les parts de propriété de Big Ten Enterprises seraient réparties entre les universités, le bureau de la conférence et le fonds de pension de l’Université de Californie. Ce dernier détiendrait 10 % des parts, sans contrôle direct sur la gestion.

La valorisation du fonds de pension de l’Université de Californie s’est avérée supérieure à celle des autres offres, ce qui a rendu cette proposition particulièrement attractive. L’injection de capitaux est jugée nécessaire par de nombreuses universités du Big Ten pour rembourser leurs dettes liées à la construction et à la rénovation des stades, ainsi que pour financer les revenus directs versés aux athlètes, qui s’élèvent à 20,5 millions de dollars (environ 18,9 millions d’euros) cette année et devraient augmenter.

En 2023-2024, l’Université de l’Illinois a consacré 20 millions de dollars (environ 18,5 millions d’euros), soit 11,8 % de ses dépenses, au remboursement de sa dette. L’Université d’État de l’Ohio a quant à elle déboursé 33,7 millions de dollars (environ 31,2 millions d’euros), soit 11,5 % de son budget.

Le Big Ten a affirmé son engagement à « moderniser les opérations de notre conférence, à renforcer la stabilité de la conférence, à préserver les sports olympiques et féminins et à améliorer l’expérience étudiant-athlète », tout en soulignant qu’une alternative non lucrative avait été envisagée.

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