L’euro devrait connaître une croissance modérée en 2026, mais le yen japonais s’annonce comme la devise la plus performante, selon les prévisions des analystes. Le franc suisse, quant à lui, est considéré comme l’outsider de cette course aux devises, tandis que le dollar américain pourrait bénéficier d’un revirement de la politique de la Réserve fédérale américaine.
La récente appréciation de l’euro s’explique par l’accélération de l’inflation et de l’activité économique en Europe, ainsi que par l’espoir d’une fin imminente du cycle de hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE). L’amélioration du contexte géopolitique en Ukraine et les anticipations d’une reprise économique générale ont également joué un rôle. Cependant, les incertitudes politiques en Allemagne et la possibilité que la Fed suspende ses baisses de taux en janvier ont freiné cette dynamique positive.
Les experts interrogés par Reuters ne s’attendent pas à une forte progression de l’euro. Ils prévoient un taux de change EUR/USD atteignant 1,17 dans un mois, 1,19 dans trois mois et 1,20 dans douze mois. Ils notent également un regain de confiance dans la croissance économique à court terme, avec environ 30 % des personnes interrogées y croyant, contre seulement 6 % il y a un mois.
Le principal moteur de la hausse de l’EUR/USD depuis la fin de l’année a été le changement de perception concernant la politique monétaire américaine. Les attentes d’une baisse des taux directeurs sont passées d’une probabilité inférieure à 30 % après la publication du compte rendu de la réunion d’octobre du Federal Open Market Committee (FOMC) à près de 90 % aujourd’hui.
Si les investisseurs semblent avoir mis de côté les discours plus restrictifs de la Fed, la nécessité pour Jerome Powell de trouver un compromis ouvre la voie à un possible renforcement du dollar. Une nouvelle impulsion de croissance pour la devise américaine est envisageable après les baisses de taux de septembre et octobre.
Le yen japonais est désigné comme le favori par les analystes de Reuters, qui anticipent une dépréciation du franc suisse de 7,5 % sur un an, en raison des divergences de politique monétaire. Le marché à terme table sur une probabilité de 90 % d’une hausse des taux au jour le jour le 19 décembre à 0,75 %, un niveau jamais atteint depuis 1995. Des sources proches de Kazuo Ueda, gouverneur de la Banque du Japon, indiquent qu’il signalera la poursuite de la normalisation de la politique monétaire si les prévisions économiques se confirment.
En Suisse, l’absence de hausse des prix à la consommation en novembre exerce une pression sur la Banque nationale suisse (BNS), tout comme le ralentissement de l’inflation sous-jacente, qui a atteint son plus bas niveau depuis août 2021. La BNS a déjà exprimé sa volonté d’éviter un retour aux taux d’intérêt négatifs. Toutefois, il est peu probable que sa prévision officielle d’une croissance de 0,4 % de l’indice des prix à la consommation (IPC) au quatrième trimestre se réalise, ce qui augmente les chances d’un retour aux taux négatifs et pèse sur le franc.
À ne pas manquer
