Publié le 23 octobre 2024. Cuba fait face à une épidémie grandissante de dengue et de chikungunya, avec plus de 47 000 cas signalés et un système de santé mis à rude épreuve par la crise économique.
- Plus de 47 125 personnes présentent actuellement des symptômes de dengue ou de chikungunya à Cuba.
- Les autorités cubaines ont officiellement qualifié cette situation d’épidémie, reconnaissant plus de 20 000 cas.
- Le chikungunya est actuellement considéré comme le principal problème de santé publique sur l’île.
L’épidémie de dengue et de chikungunya se propage rapidement à Cuba, mettant à mal les ressources d’un système de santé déjà fragilisé par une profonde crise économique. Selon les chiffres officiels, 47 125 personnes sont actuellement infectées par l’un de ces deux arbovirus, un nombre qui dépasse largement les 20 000 cas précédemment reconnus par le gouvernement cubain. La semaine dernière, les autorités ont pour la première fois utilisé le terme « épidémie » pour décrire l’ampleur de la situation.
Francisco Durán, directeur national d’épidémiologie au ministère de la Santé publique, a indiqué que 1 706 nouveaux cas suspects de dengue ou de chikungunya avaient été détectés mardi dernier, portant le nombre total de patients à 3 226. Il a précisé que 84,1 % des patients étaient pris en charge à domicile.
La situation est particulièrement préoccupante concernant le chikungunya, avec 126 personnes hospitalisées dans un état grave, critique ou en soins intensifs. Parmi ces patients, 19 sont des mineurs souffrant de complications liées à la maladie. Durán a souligné que, compte tenu du nombre de cas et de la sévérité des symptômes – notamment de fortes fièvres et des douleurs articulaires intenses – cette épidémie représente actuellement le principal défi de santé publique pour l’île.
Les autorités reconnaissent que les chiffres officiels sont probablement sous-estimés, car de nombreux patients ne se rendent pas dans les centres médicaux. Durán a déclaré : « Les chiffres recueillis dans les statistiques (…) ne correspondent pas toujours à la réalité (…) et le fait est qu’il y a beaucoup de gens qui ne vont pas chez le médecin, tous les cas ne sont pas toujours enregistrés. »
Cuba manque de tests pour confirmer la présence du virus chez chaque patient, ce qui conduit souvent à un diagnostic basé uniquement sur les symptômes. Selon les données de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), le pays a notifié 15 590 cas de chikungunya entre le 11 octobre et le 1er novembre, atteignant un total de 20 062 cas au cours des dix premiers mois de l’année. L’incidence cumulée de chikungunya à Cuba s’élève à 183,43 cas pour 100 000 habitants, le taux le plus élevé des Amériques, dépassant celui du Brésil (112,07), des Caraïbes (43,53) et du continent (26,00).
La crise économique actuelle affecte les capacités de Cuba en matière de prévention (avec des campagnes de fumigation limitées), de contrôle (en raison du manque de tests) et de soins médicaux.
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