Home DivertissementLe rockeur culte Little Bob, 80 ans, n’a pas dit son dernier mot et le prouvera le 7 décembre au Thor

Le rockeur culte Little Bob, 80 ans, n’a pas dit son dernier mot et le prouvera le 7 décembre au Thor

by Antoine Girard

Publié le 1er décembre 2025. À 80 ans, le bluesman Little Bob, figure discrète mais respectée du rock français, continue de sillonner les routes avec son groupe les Blues Bastards, annonçant même un nouvel album à venir.

  • Iggy Pop, Mick Jagger et Paul McCartney continuent de faire vibrer les scènes malgré leur âge avancé, illustrant la longévité possible pour les artistes rock.
  • Little Bob, de son vrai nom Roberto Piazza, est l’un des derniers représentants d’une génération de rockeurs français authentiques et sans artifices.
  • Le musicien, qui a partagé des scènes avec des légendes comme Johnny Rotten et Glen Matlock, prépare un nouvel album après Nous avons besoin d’espoir (2021).

Le rock, décidément, semble avoir un effet bénéfique sur la longévité. Iggy Pop, 78 ans ; Mick Jagger, 82 ans ; Paul McCartney, 83 ans… Ces noms emblématiques continuent de prouver que l’énergie brute de la scène peut défier les lois du temps, du moins pour ceux qui ont survécu au mythe des 27 ans. Dans cette lignée, Little Bob, 80 printemps au compteur, s’inscrit comme un véritable “dinorockeur”, un survivant d’une époque révolue.

Roberto Piazza, de son vrai nom, n’est peut-être pas un visage familier des chaînes de télévision comme TF1 ou des radios grand public comme NRJ. Il ne court pas après les ventes à tout prix. Pourtant, cet artiste authentique, respecté par ses pairs, a su creuser son propre sillon, sans compromis. Johnny Rotten, le provocateur chanteur des Sex Pistols, n’hésitait pas à affirmer qu’il était le seul véritable chanteur de rock hexagonal.

Le blues du Havre

« Les gens me disent : t’es pas fatigué ? T’en as pas marre ? Moi, je suis sur scène, je suis heureux. »

Little Bob

Toujours vêtu de son emblématique blouson de cuir, véritable talisman, Little Bob continue de donner le meilleur de lui-même sur scène. Entouré des Blues Bastards depuis 2012, il a récemment annoncé au Café de la Danse à Paris :

« Il y aura encore un album. »

Little Bob

Une déclaration qui témoigne de sa flamme intacte et de son désir de continuer à partager sa passion avec le public.

L’histoire de Little Bob est celle d’un enfant du Havre, une ville portuaire marquée par le gris du ciel et l’humidité des pavés.

« Cette cité ouvrière où le ciel était gris et les pavés mouillés. Tout, finalement, pour attraper le blues ! »

Little Bob

C’est par le biais d’une partie de billard qu’il découvre le blues, en écoutant les Animals et les Rolling Stones. Il réalise alors que ces groupes puisent leurs racines dans le travail des bluesmen américains, John Lee Hooker, Robert Johnson et bien d’autres.

« Le blues, d’ailleurs, c’est la base du rock, du jazz, du funk et du rap. C’est important de le rappeler aux nouvelles générations. »

Little Bob

T’as le look coco ?

Au Havre, le jeune Little Bob se produit dès son plus jeune âge avec son groupe amateur, les Apaches. Mais il faudra attendre 30 ans et l’abandon d’un emploi d’agent administratif pour qu’il puisse enfin vivre de sa passion pour le rock. Car, pendant longtemps, un doute l’a freiné :

« J’étais un petit gros joufflu, les chanteurs que je voyais et qui faisaient rêver les filles, ils étaient tous beaux, grands et minces ! »

Little Bob

M. Piazza surmontera ses complexes, pour le plus grand bonheur des amateurs de rock and roll. Et à la surprise des spécialistes britanniques, entre 1975 et 1977, il enchaîne 250 concerts au Royaume-Uni, attirant l’attention de la presse spécialisée, notamment le NME (New Musical Express).

« Mais qui est ce satané froggy qui chante en anglais et qui nous en met plein la vue ? »

Musiciens britanniques (rapporté par Little Bob)

Glen Matlock, bassiste des Sex Pistols, lui proposera même de jouer avec lui.

« Mais j’ai déjà un bassiste »

Little Bob

osera-t-il répondre. Une occasion manquée, peut-être ?

Sur scène aujourd’hui, Little Bob a parfois besoin de s’asseoir sur un tabouret pour se reposer. Mais lorsqu’il reprend Lucille de son héros, Little Richard (un autre Little), sa voix demeure un cabriolet lancé à pleine vitesse sur l’autoroute du plaisir musical. Il ne ralentit pas, ne baisse pas le volume. C’est brut, c’est direct, c’est authentique. Proche de Lemmy Kilmister (chanteur de Motörhead, décédé il y a dix ans), Little Bob a d’ailleurs repris sur disque l’hymne trépidant As de pique. Autour de lui, quatre musiciens déchaînés, dont son fidèle complice, le guitariste Gilles Mallet, Bertrand Couloume à la contrebasse, Mathieu Poupard à la batterie et Nicolas Noël aux claviers, donnent tout ce qu’ils ont. Rendez-vous le 7 décembre au Sonograf, au Thor : les absents auront tort.

Little Bob blues bastards, le 7 décembre à 18h au Sonograf, Le Thor ; 18/24 €.

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