Publié le 27 octobre 2025 22:34:00. La Fédération Française de Rugby (FFR) et la Ligue Nationale de Rugby (LNR) sont à nouveau en conflit concernant la mise à disposition des joueurs internationaux pour les compétitions, un bras de fer qui pourrait se jouer devant le Conseil d’État.
- La FFR, sous la présidence de Florian Grill, souhaite obtenir la libération des meilleurs joueurs pour la nouvelle Coupe des Nations, qui remplacera les traditionnelles tournées d’automne et d’été.
- La LNR s’oppose à une imposition unilatérale de cette mesure et invoque une décision du Conseil d’État de 2020 qui lui est favorable.
- Le conflit pourrait aboutir à une nouvelle saisine du Conseil d’État, la LNR estimant que les exigences de la FFR portent atteinte à l’économie des clubs et à la santé des joueurs.
La tension monte entre la Fédération Française de Rugby et les clubs professionnels. Florian Grill, le président de la FFR, a mis la pression sur la Ligue (LNR) pour qu’elle accepte de libérer ses joueurs pour la nouvelle Coupe des Nations, qui débutera à l’automne 2026 et remplacera les tournées internationales habituelles. Selon le président de la FFR, la LNR a deux options : se conformer aux nouvelles exigences ou voir la Fédération appliquer «strictement la règle 9 de World Rugby», qui obligerait les clubs de Top 14 à libérer leurs joueurs pour les périodes internationales.
Cette déclaration a immédiatement provoqué une réaction de la part des dirigeants du rugby professionnel. Ils ont fait savoir qu’ils se baseraient sur une décision de justice rendue par le Conseil d’État le 9 octobre 2020. Dans cette décision, la LNR contestait le droit de la FFR «d’imposer unilatéralement la mise en œuvre de la décision de World Rugby du 30 juillet 2020 procédant à une extension de la période de mise à disposition des joueurs au profit de leur équipe nationale». Le Conseil d’État avait alors demandé à la FFR d’engager des discussions avec la LNR, conformément aux accords en vigueur à l’époque.
« La réglementation interne de la structure dénommée World Rugby ne produit pas d’effet direct en droit public national. »
Le Conseil d’État avait jugé les demandes de la LNR recevables et avait établi une jurisprudence favorable à la Ligue. Il avait estimé que la réglementation interne de World Rugby ne peut s’imposer directement au niveau national tant que les règles applicables aux joueurs et aux équipes ne sont pas modifiées d’un commun accord entre la Fédération et la Ligue, les deux entités habilitées à prendre de telles décisions.
En d’autres termes, pour étendre la période de disponibilité des joueurs et le nombre de matchs qu’ils peuvent disputer, une modification de la convention existante entre la FFR et la LNR est nécessaire. Cette modification ne peut être décidée que conjointement par les deux parties.
La menace implicite de Florian Grill d’imposer sa volonté se heurterait donc probablement à une nouvelle saisine du Conseil d’État, avec les mêmes arguments qu’en 2020. La LNR avait alors souligné que les décisions unilatérales de la FFR portaient une atteinte excessive aux intérêts économiques du rugby professionnel et menaçaient la pérennité de certains clubs, tout en augmentant le risque de blessures pour les joueurs.
Le bras de fer, y compris sur le plan juridique, ne fait donc que commencer. L’attribution des droits de diffusion de la Coupe du Monde 2027 au groupe TF1 ajoute une dimension supplémentaire à ce contexte tendu.
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