Home Monde“Le siège social de l’ONU ne peut pas continuer à New York”: Gustavo Petro a répondu aux États-Unis pour le retrait de son visa

“Le siège social de l’ONU ne peut pas continuer à New York”: Gustavo Petro a répondu aux États-Unis pour le retrait de son visa

by Clara Dubois

Publié le 27 septembre 2025. La révocation du visa américain du président colombien Gustavo Petro, après ses déclarations devant l’ONU, a déclenché une crise diplomatique et relance le débat sur la localisation du siège des Nations Unies à New York.

Bogotá – Le président colombien Gustavo Petro a dénoncé ce vendredi une violation du droit international et des immunités diplomatiques après que les États-Unis ont révoqué son visa. Cette décision intervient suite à ses prises de position lors de la 79ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, où il a critiqué la politique israélienne à Gaza et appelé à un cessez-le-feu.

Selon Petro, l’annulation de son visa est une conséquence directe de son soutien à la Palestine et de ses critiques envers Israël. Il a également souligné que les États-Unis avaient déjà refusé l’accès au territoire américain au président palestinien Mahmoud Abbas pour qu’il puisse s’exprimer devant l’Assemblée générale. Dans un message publié sur son compte X, le président colombien a affirmé :

« Ce que le gouvernement américain fait avec moi, enfreint toutes les règles d’immunité sur lesquelles le fonctionnement des Nations Unies et son assemblée générale est basé. Il y a une immunité totale pour les présidents qui assistent à l’Assemblée et le gouvernement américain ne peut conditionner l’opinion des États-Unis. »

Le Département d’État américain justifie cette mesure en expliquant que Petro a incité des militaires américains à la désobéissance et à la violence lors d’une manifestation à New York. Selon un communiqué du Département d’État, le président colombien s’est rendu dans une rue de New York pour exhorter les soldats américains à

« désobéir aux ordres et inciter à la violence »

. La révocation du visa est présentée comme une réponse à ces « actions imprudentes et provocantes ».

Malgré cette décision, Gustavo Petro a minimisé l’impact de la révocation de son visa, précisant qu’il possède également la nationalité italienne et peut donc voyager aux États-Unis grâce au Système électronique d’autorisation de voyage (ESTA), qui dispense de visa pour les citoyens de certains pays. Il a déclaré :

« Je n’ai pas besoin de visa, mais cela, parce que je suis non seulement un citoyen colombien mais un citoyen européen, et en réalité je me considère comme une personne libre dans le monde. »

Il est cependant à noter que l’approbation de l’ESTA n’est pas automatique, même pour les citoyens de pays exonérés de visa.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre la Colombie et les États-Unis. Des voix s’élèvent en Colombie pour appeler à une gestion prudente des relations avec Washington, principal partenaire commercial et allié en matière de sécurité et de défense du pays. L’incident rappelle également la révocation du visa du président colombien Ernesto Samper dans les années 1990, suite à des accusations de financement illégal de sa campagne électorale par des trafiquants de drogue.

Par ailleurs, Gustavo Petro a saisi l’occasion pour remettre en question l’emplacement du siège des Nations Unies à New York, estimant que cette situation n’est plus tenable compte tenu de l’attitude des États-Unis. Il a déclaré à son retour à Bogotá :

« Le siège social des Nations Unies ne peut pas continuer à New York. »

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