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Le sommeil n’est pas un remède contre les mauvais souvenirs –

Publié le 8 novembre 2025. Une nouvelle étude de l'Université d'Amsterdam nuance l'idée reçue selon laquelle le sommeil effacerait les souvenirs douloureux. Les résultats suggèrent qu'une bonne nuit de repos pourrait atténuer la gêne liée à des expériences…

Le sommeil n’est pas un remède contre les mauvais souvenirs –

Publié le 8 novembre 2025. Une nouvelle étude de l’Université d’Amsterdam nuance l’idée reçue selon laquelle le sommeil effacerait les souvenirs douloureux. Les résultats suggèrent qu’une bonne nuit de repos pourrait atténuer la gêne liée à des expériences embarrassantes, mais ne garantit pas l’oubli.

  • Le sommeil ne semble pas aggraver les souvenirs émotionnels négatifs, contrairement à certaines hypothèses.
  • La qualité du sommeil apparaît plus déterminante que sa simple durée pour atténuer l’impact de souvenirs perturbants.
  • Des expériences impliquant le karaoké ont été utilisées pour induire des sentiments de honte et étudier les effets du sommeil sur la mémoire émotionnelle.

Faut-il chercher à dormir sur ses griefs ou au contraire rester éveillé pour tenter d’oublier une situation embarrassante ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre Faya Reinhold, chercheuse en sommeil et mémoire à l’Université d’Amsterdam. Ses travaux, présentés dans le cadre de sa thèse de doctorat, remettent en question les idées préconçues sur le rôle du sommeil dans le traitement des émotions.

L’étude s’est appuyée sur une approche originale : induire intentionnellement des sentiments de honte chez les participants en les faisant chanter du karaoké et en enregistrant leurs performances. Les participants ont ensuite été invités à réécouter leurs enregistrements, certains après une nuit de sommeil, d’autres après une journée d’éveil. Les chercheurs ont mesuré leurs réactions physiologiques, notamment le rougissement, considéré comme un indicateur de honte.

Les résultats ont révélé que les participants ayant dormi rougissaient moins en réécoutant les enregistrements, mais cet effet était observé aussi bien pour les chansons qu’ils connaissaient déjà que pour les nouvelles. « Le fait que l’effet positif du sommeil se soit manifesté avec les deux enregistrements suggère qu’il ne s’agit pas d’un simple changement dans la mémoire elle-même, mais plutôt d’une meilleure régulation des émotions », explique Faya Reinhold.

Une étude de suivi, menée une semaine plus tard, a confirmé que le sommeil n’avait pas d’impact significatif sur la force des émotions ressenties. Les participants continuaient de moins rougir, mais ils jugeaient l’expérience globalement plus négative. « La rapidité avec laquelle une personne dort ou revit le souvenir après l’expérience n’a eu aucun effet apparent sur l’intensité de l’émotion », souligne la chercheuse.

Cependant, l’étude a mis en évidence l’importance de la qualité du sommeil. Les participants ayant bénéficié d’un sommeil réparateur étaient moins perturbés par les souvenirs négatifs que ceux dont le sommeil était fragmenté ou de mauvaise qualité. « Les personnes qui dorment mieux semblent mieux armées pour faire face aux souvenirs perturbants », précise Reinhold.

« Ces dernières années m’ont appris que les émotions, la mémoire et le sommeil sont beaucoup plus complexes que je ne le pensais – et encore plus lorsqu’on les combine. »

Faya Reinhold, chercheuse en sommeil et mémoire

En conclusion, l’étude de Faya Reinhold ne confirme pas l’idée que le sommeil est un remède miracle contre les mauvais souvenirs. Elle suggère plutôt qu’une bonne nuit de repos peut atténuer la gêne émotionnelle, sans pour autant effacer les souvenirs eux-mêmes. « Le sommeil ne semble pas être nocif après un événement stressant, et il pourrait même être bénéfique », nuance la chercheuse.

La thèse de doctorat de Faya Reinhold, intitulée Golden Slumber ? Le rôle insaisissable du sommeil dans la mémoire émotionnelle (sous la direction du prof. dr. M. Kindt, avec la co-supervision du prof. dr. EJW van Someren et du dr. RM Visser), sera soutenue le lundi 10 novembre de 16h00 à 17h30 à l’Agnietenkapel d’Amsterdam.

Source : uva.nl

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.