Un sommet potentiellement historique entre les présidents russe Vladimir Poutine et américain Donald Trump se prépare à Budapest, en Hongrie, suscitant à la fois espoirs de négociations sur l’Ukraine et inquiétudes quant à une possible fracture au sein de l’Union européenne et de l’OTAN.
Le président serbe Aleksandar Vucic s’est exprimé vendredi, estimant que le Premier ministre hongrois Viktor Orban a réussi à obtenir l’organisation de « peut-être le sommet le plus important du XXIe siècle ». Il a toutefois mis en garde contre des tentatives de déstabilisation par certains milieux occidentaux, qu’il qualifie de « libéraux ».
Selon le Kremlin, la rencontre pourrait avoir lieu dans les deux prochaines semaines. Elle intervient après un entretien téléphonique de près de deux heures et demie entre les deux dirigeants jeudi – leur première conversation de ce type depuis près de deux mois – jugé « très utile » par Iouri Ouchakov, conseiller principal en politique étrangère du président russe, et « très productif » par Donald Trump lui-même. Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés en Alaska en août dernier, pour leurs premières négociations en face à face depuis 2019.
La Hongrie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, s’est distinguée par son opposition aux sanctions et à la politique de confrontation adoptée par Bruxelles à l’égard de Moscou, plaidant pour une approche plus diplomatique. Viktor Orban a affirmé sur X (anciennement Twitter) que Budapest, forte de son « leadership pro-paix de longue date », est « le seul endroit approprié en Europe pour un sommet de paix entre les États-Unis et la Russie ». Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a confirmé sur Facebook que les préparatifs du sommet étaient « en plein essor ».
L’annonce de ce sommet a suscité des réactions mitigées. Le quotidien espagnol El País a dénoncé samedi une « situation embarrassante et délicate » pour l’UE et l’OTAN, citant un diplomate européen anonyme qui craint que le choix de Budapest ne creuse « les fissures au sein de l’UE à propos du Kremlin ».
