Publié le 16 novembre 2025 à 07h18. L’augmentation des infections résistantes aux antibiotiques inquiète les autorités sanitaires britanniques, comme en témoigne le cas alarmant d’une patiente ayant subi une amputation partielle du visage après des mois d’échecs thérapeutiques.
- Le Sud-Ouest de l’Angleterre a enregistré une hausse de 9 % des infections résistantes aux antibiotiques en 2024.
- Une patiente, Vanessa Carter, a dû subir une amputation partielle du visage suite à une infection au staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SARM) qui n’a pu être traitée pendant près d’un an.
- Les experts rappellent l’importance de n’utiliser les antibiotiques que sur prescription médicale et de suivre scrupuleusement les instructions.
L’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) tire la sonnette d’alarme face à une recrudescence des infections résistantes aux antibiotiques, en particulier dans le Sud-Ouest de l’Angleterre. Selon un rapport récent, le nombre de cas est passé de 25,9 pour 100 000 habitants en 2023 à 28,2 en 2024, soit une augmentation de 9 %. Bien que la région conserve le taux le plus bas d’Angleterre, cette tendance à la hausse est jugée préoccupante par les autorités sanitaires.
Le Dr Chaam Klinger, consultant en protection de la santé à l’UKHSA Sud-Ouest, souligne que « la résistance aux antibiotiques reste l’une des plus grandes menaces pour la santé auxquelles nous sommes confrontés ». Il précise que l’UKHSA travaille en étroite collaboration avec les professionnels de santé de la région pour garantir une utilisation raisonnée des antibiotiques.
L’histoire de Vanessa Carter, une habitante de Torbay, illustre de manière poignante les conséquences désastreuses de la résistance aux antibiotiques. En 2004, elle a été victime d’un accident de voiture qui a nécessité de multiples interventions chirurgicales reconstructrices du visage. Suite à ces opérations, elle a développé une infection persistante au SARM autour de ses implants faciaux.
Pendant près d’un an, Mme Carter a été traitée avec différents antibiotiques, prescrits par plusieurs spécialistes, sans succès. Des analyses de laboratoire ont finalement révélé que le SARM était résistant aux médicaments qu’elle prenait. Elle a finalement été amputée d’une partie de son visage et a bénéficié d’un traitement avec des antibiotiques de « dernier recours ».
« J’ai dû être amputée d’une partie de mon visage à cause de cette infection résistante, et j’ai finalement été traitée avec des antibiotiques de « dernier recours ». L’augmentation des infections résistantes aux antibiotiques que nous constatons me préoccupe profondément : personne ne devrait avoir à vivre ce que j’ai vécu. »
Vanessa Carter, patiente
Mme Carter insiste sur l’importance pour les patients de poser des questions à leur médecin si un antibiotique ne semble pas fonctionner.
« Je pense que si on vous prescrit des antibiotiques, et que vous constatez que votre infection ne s’améliore pas, il faut retourner voir votre médecin et lui demander : pourquoi cet antibiotique ne fonctionne-t-il pas ? Il est vraiment important que nous soyons habilités, en tant que patients, à poser ces questions. »
Vanessa Carter, patiente
Le Dr Klinger rappelle que les antibiotiques ne doivent être pris que sur prescription médicale et que le traitement doit être suivi scrupuleusement. Il encourage également le public à rapporter les antibiotiques non utilisés en pharmacie et à se faire vacciner pour prévenir les infections.
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