Publié le 2025-12-05 13:32:00. Une étude de l’Université de Göteborg révèle que le surpoids infantile n’entraîne pas systématiquement un risque accru de maladies cardiaques à l’âge adulte, à condition que le poids se stabilise avant l’entrée dans la vie adulte.
- Les enfants ayant été en surpoids mais ayant atteint un poids normal à l’âge adulte ne présentent pas de risque cardiaque supérieur à celui des personnes ayant toujours eu un poids normal.
- L’obésité développée pendant la puberté semble cependant plus dangereuse pour le cœur que le surpoids infantile stabilisé.
- Cette recherche souligne l’importance d’une intervention précoce pour lutter contre les problèmes de poids chez les enfants.
Contrairement à une idée reçue, le surpoids durant l’enfance ne condamne pas nécessairement à une vie avec un cœur fragilisé. Une vaste étude menée par des chercheurs de l’Université de Göteborg, et dont les résultats ont été publiés dans JAMA Pediatrics, apporte un éclairage nouveau sur le lien entre poids infantile et risque de crise cardiaque.
L’équipe de recherche a analysé les données de plus de 103 000 personnes nées entre 1945 et 1968, en recoupant les informations sur la taille et le poids relevées par le service de santé scolaire de Göteborg avec les données du registre suédois des crises cardiaques. L’objectif était de déterminer si la normalisation du poids avant l’âge adulte pouvait atténuer le risque cardiovasculaire associé au surpoids infantile.
Les résultats indiquent que l’obésité, tant pendant l’enfance que dans la jeune vie adulte, est associée à un risque accru de maladies cardiaques. Cependant, ceux qui étaient en surpoids vers l’âge de 7 ou 8 ans mais ont ensuite retrouvé un poids normal ne présentent pas de risque supplémentaire. Leur probabilité de crise cardiaque est comparable à celle des personnes ayant toujours eu un poids sain.
L’âge de la prise de poids est déterminant
L’étude met en évidence un facteur crucial : le moment où la prise de poids se produit. Les individus ayant pris du poids à l’âge de 20 ans, que ce soit après une enfance stable ou après une période de surpoids infantile, présentent un risque accru. Mais le risque est plus élevé pour ceux qui ont développé une obésité pendant la puberté que pour ceux qui ont été en surpoids durant toute leur enfance.
« Cette étude est importante car elle souligne l’importance d’inverser rapidement une tendance malsaine en matière de poids. »
Rebecka Bramsved, chercheuse à l’Université de Göteborg et médecin spécialiste
Les chercheurs ne sont pas encore en mesure d’expliquer pourquoi l’obésité développée pendant la puberté semble plus préjudiciable. Claes Ohlsson, professeur à l’Université de Göteborg et médecin chef de service, avance l’hypothèse que les changements hormonaux de la puberté pourraient jouer un rôle :
« Nous pensons que les changements qui se produisent dans les hormones sexuelles pendant la puberté peuvent avoir une influence. »
Claes Ohlsson, professeur à l’Université de Göteborg et médecin chef de service
Cette recherche renforce l’importance d’une prévention précoce des problèmes de poids. Jenny Kindblom, professeure à l’Université de Göteborg et médecin chef de service, conclut :
« Nos résultats confirment qu’il est essentiel de commencer la prévention des maladies cardiovasculaires dès l’enfance. »
Jenny Kindblom, professeure à l’Université de Göteborg et médecin chef de service