Les réseaux de chaleur urbains pourraient offrir une voie plus économique pour décarboner le chauffage des bâtiments à Boston et dans le Massachusetts, en évitant des investissements massifs dans des équipements individuels et des infrastructures électriques. Cette approche, déjà adoptée avec succès en Europe, pourrait aider les villes à atteindre leurs objectifs environnementaux tout en limitant les coûts.
À retenir
- L’utilisation de réseaux de chaleur urbains, comme le système eSteam de Vicinity, pourrait réduire de moitié à un cinquième le coût de la décarbonation du chauffage des bâtiments par rapport à une électrification individuelle.
- L’Europe, notamment le Danemark et l’Allemagne, est à l’avant-garde de l’adoption de pompes à chaleur industrielles, tirant parti de sources d’énergie renouvelables et de combustibles moins chers.
- Pour Boston et le Massachusetts, ces systèmes représentent une solution potentielle pour se conformer aux réglementations environnementales et atteindre leurs objectifs de réduction des émissions de carbone.
Contexte
Vicinity, un opérateur de réseaux énergétiques de quartier, met en avant les avantages économiques de son système eSteam et de l’électrification via un réseau énergétique de quartier. Selon Hagerty, représentant de l’entreprise, cette approche pourrait s’avérer significativement moins coûteuse que l’électrification et la décarbonation individuelles des bâtiments. L’avantage principal réside dans l’existence déjà de l’infrastructure nécessaire : la sous-station du réseau électrique et le réseau de conduites de vapeur de l’usine de Kendall sont déjà en place.
Les réseaux énergétiques de quartier, en mutualisant les ressources, permettent également de réaliser des économies d’échelle. Ils peuvent combiner des technologies complémentaires, comme les chaudières électriques et les pompes à chaleur, et récupérer la chaleur perdue pour augmenter l’efficacité globale du système. L’usine de Kendall, par exemple, utilise la chaleur résiduelle de sa turbine de production d’électricité au gaz pour alimenter le réseau de vapeur.
Ce qui change
Vicinity prévoit d’ajouter un stockage d’énergie thermique à son système eSteam, ce qui permettra de mieux gérer la demande et de réduire la pression sur le réseau électrique. Cette capacité de stockage, qui consiste à convertir l’électricité en chaleur, « nous permet de soulager le stress sur le réseau électrique et d’être beaucoup plus flexibles », explique Hagerty.
Alors que Boston et Cambridge commencent à peine à explorer ces stratégies de décarbonation rentables, l’Europe est déjà bien avancée. En Danemark, la ville d’Esbjerg utilise une pompe à chaleur industrielle de 70 mégawatts alimentée par l’eau froide de la mer Baltique pour chauffer ses bâtiments. Everllence, le fournisseur de cette pompe à chaleur, construit actuellement un modèle encore plus puissant de 150 mégawatts pour un projet similaire à Cologne, en Allemagne.
Alejandro Gorosito, directeur des ventes nationales aux États-Unis pour Everllence, souligne que « Ils disposent actuellement de la plus grande pompe à chaleur à l’échelle industrielle pour l’énergie urbaine au monde ». L’adoption de ces technologies en Europe est favorisée par le coût plus élevé des combustibles fossiles par rapport à l’électricité, ce qui rend les pompes à chaleur plus économiques.
Prochaines étapes
Aux États-Unis, la situation est différente, car les combustibles fossiles sont abondants et les prix de l’électricité sont en hausse. Hagerty reconnaît que, dans de nombreuses régions, les pompes à chaleur ne sont pas encore économiquement avantageuses. Cependant, pour les villes comme Boston, qui imposent des objectifs de réduction des émissions, et pour les États comme le Massachusetts, qui visent à décarboner leur économie, les réseaux énergétiques de quartier peuvent offrir une solution viable.
« Ils doivent décider s’ils vont ou non chauffer leur bâtiment au gaz naturel, car nous avons des réglementations en place qui vont commencer à imposer des amendes… Veulent-ils prendre le risque de dépenser des millions de dollars pour quelque chose qu’ils ne pourront peut-être pas utiliser dans cinq à dix ans ? », interroge Hagerty, soulignant l’incertitude réglementaire à laquelle sont confrontés les propriétaires d’immeubles.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Réduction potentielle des coûts | 50% à 20% |
| Puissance de la pompe à chaleur d’Esbjerg (Danemark) | 70 mégawatts |
| Puissance de la pompe à chaleur de Cologne (Allemagne) | 150 mégawatts |
Sources
Déclarations de Hagerty, représentant de Vicinity.
Déclarations d’Alejandro Gorosito, directeur des ventes nationales aux États-Unis pour Everllence.
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