Bruxelles, le 11 décembre 2025. L’Union européenne s’apprête à prendre des mesures concrètes pour immobiliser les avoirs russes, une initiative saluée par le ministre irlandais des Finances, Simon Harris, alors qu’un mécanisme de prêt de réparation pour l’Ukraine est en discussion.
- L’UE envisage de bloquer les actifs russes sur une base à long terme.
- Un prêt de réparation de 165 milliards d’euros (environ 140 milliards d’euros détenus par Euroclear et 25 milliards d’euros supplémentaires) est proposé, financé par les avoirs russes gelés.
- L’Irlande pourrait garantir jusqu’à 3,3 milliards d’euros de ce prêt.
Simon Harris, le Tánaiste (vice-Premier ministre) et ministre des Finances irlandais, a annoncé que l’Ukraine serait au cœur des discussions lors des réunions de l’Eurogroupe et des ministres des Finances de l’UE à Bruxelles. Il a souligné l’importance d’une action rapide et décisive pour soutenir Kiev, tout en faisant payer la Russie pour les dommages causés par son invasion.
Selon M. Harris, l’Union européenne s’engage à mettre en place un mécanisme de prêt qui répondra à deux objectifs cruciaux : fournir une aide financière immédiate à l’Ukraine et garantir que la Russie assume ses responsabilités.
« Il est absolument important que nous élaborions, en tant qu’Union européenne, un mécanisme sur la manière dont nous allons soutenir l’Ukraine. »
Simon Harris, Tánaiste et ministre des Finances irlandais
Le projet de la Commission européenne prévoit que les États membres de l’UE accorderaient à l’Ukraine un prêt de 165 milliards d’euros, financé par les avoirs gelés de la banque centrale russe détenus chez Euroclear, un dépositaire de titres basé en Belgique. Ces fonds sont bloqués depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022.
Cependant, la Belgique s’oppose à cette proposition, craignant d’être tenue seule responsable du remboursement de ces fonds à l’avenir. Le gouvernement belge préfère un partage des risques financiers et juridiques entre tous les États membres de l’UE. Euroclear prêterait ainsi une somme équivalente à la valeur des avoirs russes gelés à l’Ukraine, sous forme d’un prêt à taux zéro, garanti par les États membres.
L’Irlande s’engage à contribuer à ce mécanisme de garantie, avec une part estimée entre 2 % et 2,15 % de la valeur totale du prêt. Si le prêt atteint les 165 milliards d’euros, la garantie irlandaise pourrait s’élever à environ 3,3 milliards d’euros.
« Il s’agit d’un système de prêt dans lequel l’Union européenne agit à bien des égards, comme un filet de sécurité, comme une garantie. Elle couvre le risque, car il est important d’apporter un soutien à l’Ukraine ici et maintenant. »
Simon Harris, Tánaiste et ministre des Finances irlandais
Le coût total de la reconstruction de l’Ukraine est estimé à plus de 500 milliards d’euros, selon une enquête récente menée par le gouvernement ukrainien, la Banque mondiale, la Commission européenne et les Nations Unies. L’Ukraine serait tenue de rembourser le prêt uniquement si la Russie mettait fin à son invasion et commençait à verser des réparations à Kiev.
Le Kremlin a déjà exprimé son opposition à l’utilisation de ses actifs pour financer l’Ukraine, la qualifiant de “vol”.
Outre la question du financement de l’Ukraine, les ministres des Finances de la zone euro doivent également élire un nouveau président de l’Eurogroupe, en remplacement de Paschal Donohoe, qui a démissionné pour rejoindre la Banque mondiale. Vincent Van Peteghem (Belgique) et Kyriakos Pierrakakis (Grèce) sont en lice pour ce poste. L’Eurogroupe lancera également le processus de nomination au poste de vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), dont le mandat actuel, Luis de Guindos, expirera en mai prochain.
Le Tánaiste a également eu une réunion bilatérale avec le commissaire européen Valdis Dombrovskis, responsable de l’Économie et de la Productivité, et doit rencontrer Nadia Calvino, la présidente de la Banque européenne d’investissement (BEI), pour discuter des projets d’infrastructures stratégiques de l’Irlande.
Rapports supplémentaires AFP
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