Home SantéLe TFA sera recherché dans l’eau potable en 2026

Le TFA sera recherché dans l’eau potable en 2026

by Sophie Martin

Une nouvelle source de préoccupation pour la qualité de l’eau en France : une étude récente révèle la présence généralisée d’acide trifluoroacétique (TFA), une substance potentiellement nocive, dans l’eau potable. Le gouvernement a réagi en annonçant un renforcement des contrôles, dès le 1er janvier prochain.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a constaté que le TFA, également classé comme une substance perfluorée (PFAS) à chaîne courte, contamine 92 % des 600 échantillons d’eau potable analysés. Face à cette découverte, le ministère de la Santé a décidé d’intégrer le TFA à la liste des 20 polluants systématiquement recherchés dans l’eau du robinet.

Le TFA est utilisé dans de nombreux processus industriels et pour la fabrication de molécules fluorées. Selon Eau du Grand Lyon, il peut se retrouver dans l’environnement par le biais de rejets directs, mais également comme produit de dégradation d’autres PFAS. Un herbicide spécifique est également pointé du doigt comme source potentielle de contamination.

La difficulté réside dans l’élimination du TFA : il ne se dégrade pas naturellement et les technologies permettant de le supprimer sont complexes et coûteuses. À ce stade, les risques potentiels pour la santé ne sont pas entièrement connus, mais plusieurs études suscitent l’inquiétude.

« De nombreuses études ont démontré leur caractère nocif pour le corps, notamment sur les organes reproducteurs, la thyroïde, le foie ou le système immunitaire », souligne le site d’information Toute l’Europe. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) poursuit actuellement son évaluation de la substance, tandis qu’elle a déjà été classée comme toxique pour la reproduction en Allemagne.

Hans Peter Arp, chimiste de l’environnement à l’Institut géotechnique norvégien (NGI), explique que des recherches ont mis en évidence des effets potentiels sur le foie et les fonctions cognitives. Il rappelle notamment que l’halothane, un ancien gaz anesthésiant, se décomposait en TFA dans l’organisme, entraînant chez certains patients des problèmes hépatiques et des troubles de la récupération cognitive. « Ces observations ont contribué à l’abandon progressif de l’halothane », précise-t-il.

En attendant les conclusions de l’Efsa, la France a fixé une « valeur sanitaire indicative » de 60 µg/L pour le TFA dans l’eau. Le gouvernement ambitionne toutefois de réduire cette concentration à moins de 10 µg/L à terme. Les Agences régionales de santé effectueront les contrôles dès le 1er janvier 2025, en analysant l’eau destinée à la consommation humaine, mais aussi les ressources en eau souterraines et superficielles utilisées pour sa production.

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